Tarifs : dernier sprint dans les négociations à Washington
La date limite imposée plus tôt cette semaine par Donald Trump est samedi, à 0 h 01..
Une date butoir a été fixée par le président américain Donald Trump pour le samedi 23 août 2026 à 0 h 01. À ce moment-là, de nouveaux droits de douane de 50 % pourraient être imposés par les États-Unis sur un large éventail de produits canadiens. Ces tarifs punitifs visent à sanctionner le Canada pour des désaccords commerciaux persistants entre les deux pays. Pour éviter cette mesure, le Canada et les États-Unis mènent depuis plusieurs jours des négociations intenses à Washington. Le ministre canadien du Commerce, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef Janice Charette sont sur place pour tenter de finaliser un accord avant l’échéance. Sans solution, les entreprises canadiennes exportatrices pourraient subir des pertes financières importantes, car leurs produits deviendraient plus chers sur le marché américain.
Dominic LeBlanc, ministre canadien responsable du Commerce Canada–États-Unis, et Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, se rencontrent à partir de 11 h 30 (heure de l’Est) le jeudi 21 août 2026 pour une nouvelle session de négociation. Ces discussions font suite à une « longue et importante discussion » entre les deux hommes la veille, selon les déclarations de LeBlanc. La fréquence et la durée des réunions ont augmenté ces derniers jours, reflétant l’urgence de la situation. Janice Charette, la négociatrice en chef du Canada, participe également activement aux pourparlers, ayant passé neuf heures au bureau la veille au soir. L’objectif est de trouver un compromis sur des questions sensibles comme les produits laitiers, l’acier, l’aluminium et l’automobile avant l’échéance de samedi.
Une source de l’industrie a révélé à CBC que l’accord en discussion pourrait permettre une augmentation des importations de produits laitiers américains au Canada. Actuellement, le marché canadien est protégé par un système appelé gestion de l’offre, qui limite les quantités de produits laitiers étrangers vendus localement pour soutenir les producteurs locaux. Une modification de ce système, notamment du mode d’attribution des permis d’importation, pourrait ouvrir la porte à davantage de fromages, de lait ou de beurre américains sur les tablettes canadiennes. Cette perspective inquiète les producteurs laitiers québécois, qui craignent une concurrence accrue et une baisse de leurs revenus.
Selon des sources proches des négociations, l’accord potentiel prévoit une réduction des tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur certains produits canadiens. Pour l’acier, le taux de 50 % actuellement en vigueur pourrait être abaissé à 25 %, et pour l’aluminium, il passerait de 25 % à 15 %. Ces tarifs punitifs, instaurés précédemment par Donald Trump, avaient pour but de protéger l’industrie américaine. Une baisse de ces droits de douane permettrait aux entreprises canadiennes de l’acier et de l’aluminium de vendre leurs produits à des prix plus compétitifs sur le marché américain, ce qui pourrait relancer leurs exportations.
Le premier ministre canadien Mark Carney aurait demandé aux premiers ministres provinciaux, lors d’une réunion virtuelle le mercredi 20 août 2026, de réintroduire la vente de produits alcoolisés américains dans leurs provinces. Au Canada, la réglementation de la vente d’alcool est de compétence provinciale, ce qui signifie que chaque province décide quels produits étrangers peuvent être vendus dans ses magasins. Cette demande de Carney a suscité des réactions, notamment au Québec, où les producteurs locaux craignent une concurrence accrue. Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a confirmé que cette mesure avait « vraiment dérangé les États-Unis pour de nombreuses raisons », sans préciser lesquelles.
Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, s’est exprimé publiquement contre tout accord qui maintiendrait des tarifs douaniers, même réduits, sur les produits canadiens. Il a critiqué l’idée d’un accord qui imposerait des droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium, estimant que cela affaiblirait l’économie canadienne et entraînerait une désindustrialisation. Poilievre a rappelé que le premier ministre Mark Carney avait promis un accord sans tarifs avant son élection. De son côté, Carney a affirmé que l’accord en discussion apporterait « une plus grande certitude » pour les relations commerciales futures entre le Canada et les États-Unis, tout en garantissant les meilleures conditions pour les secteurs stratégiques canadiens.
Ces négociations surviennent dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre le Canada et les États-Unis, malgré l’existence de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui régit les échanges commerciaux entre les trois pays. Parallèlement aux discussions avec Washington, le premier ministre Mark Carney a également échangé avec la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum pour renouveler rapidement l’ACEUM. Le Mexique est le troisième partenaire commercial du Canada, avec des échanges bilatéraux atteignant 56 milliards de dollars en 2026. L’objectif est d’offrir une plus grande stabilité aux entreprises et aux travailleurs nord-américains en évitant des mesures protectionnistes unilatérales.

