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Géopolitique

Cap-Vert : la Coupe du monde ouvre les portes d’un nouvel âge touristique

Courrier International · mis à jour il y a 17 j

Le parcours historique des Tubarões Azuis n’a pas seulement conquis les amateurs de football. Il a placé l’archipel sous les projecteurs du monde entier, provoquant une explosion des recherches sur Internet et nourrissant l’espoir d’un essor touristique durable.

Tourisme alternatif

Avant la Coupe du monde 2024, certains observateurs comme le journaliste Miguel Judas dans Visão soulignaient que le Cap-Vert pouvait représenter une alternative au tourisme de masse. Selon lui, l’archipel conserve une authenticité que d’autres destinations ont perdue, avec un modèle économique où le tourisme est un complément plutôt que le secteur dominant. Ce modèle repose sur des activités comme la randonnée, la découverte des paysages naturels et les interactions avec les communautés locales. Contrairement aux resorts luxueux des îles de Sal et Boa Vista, cette approche met l’accent sur la durabilité et la préservation des traditions capverdiennes. L’auteur insiste sur l’importance de ne pas reproduire les erreurs des destinations saturées par le tourisme de masse.

Impact du Mondial

L’économiste Carlos Bentub, cité dans Balai, explique que la Coupe du monde 2024 a offert au Cap-Vert une visibilité mondiale spontanée, portée par le parcours sportif de l’équipe nationale, surnommée les Tubarões Azuis (requins bleus). Cette exposition médiatique a transformé l’image du pays, passant des terrains de football aux décisions des entrepreneurs et acteurs du tourisme. Bentub souligne que cette notoriété ne sera durable que si le Cap-Vert renforce ses liaisons aériennes, diversifie son offre touristique au-delà des îles de Sal et Boa Vista, et préserve son authenticité. Sans ces mesures, l’effet positif pourrait être éphémère.

Bond des recherches

Les médias SIC Notícias rapportent une augmentation spectaculaire des recherches en ligne liées au Cap-Vert après la Coupe du monde. Les requêtes sur les vols et les vacances au Cap-Vert ont progressé de plus de 5 000 % sur Google, notamment depuis le Portugal, la France et le Royaume-Uni. Bien que les réservations restent encore modestes, les demandes d’informations ont explosé. Cette tendance montre un intérêt croissant pour l’archipel, mais les médias insistent sur la nécessité d’investir dans les transports et de mieux valoriser les îles moins connues pour concrétiser cet engouement.

Stratégie inspirée

Dès la qualification de l’équipe nationale pour la Coupe du monde, les autorités capverdiennes ont revu leur stratégie touristique. Jair Fernandes, président de l’Institut du tourisme, explique dans Expresso das Ilhas que le gouvernement s’est inspiré de l’exemple de la Croatie, un pays ayant su tirer profit d’un événement sportif pour développer son tourisme. Le Cap-Vert a lancé des campagnes de promotion aux États-Unis, visant à positionner le pays comme une destination touristique mais aussi comme un lieu d’investissement. Fernandes indique que cette visibilité oblige le pays à changer de paradigme dans sa communication touristique.

Effet Coupe du monde

La presse internationale, comme Forbes, évoque un véritable effet Coupe du monde pour le Cap-Vert. La plateforme de réservation Expedia a enregistré une hausse de plus de 800 % des recherches depuis les États-Unis et de 852 % en Chine. L’archipel est désormais considéré comme une destination émergente par les voyageurs. Andrew Harrison-Chinn, directeur marketing de Dragonpass, résume l’enjeu : un grand événement sportif peut transformer une destination méconnue en concurrente touristique majeure. Le Cap-Vert séduit précisément parce qu’il échappe encore aux circuits touristiques standardisés et luxueux.

Ce que ça pourrait changer

Pedro Lopes, ancien secrétaire d’État à l’**Innovation**, voit dans la Coupe du monde une opportunité inédite pour le Cap-Vert. Dans *Bantumen*, il estime que le pays est désormais sur le radar mondial, mais que cela ne constitue qu’un point de départ. Pour tirer pleinement profit de cet élan, le Cap-Vert doit renforcer ses connexions aériennes, attirer des investissements et développer des industries créatives. Il souligne aussi l’importance de mieux se connecter à sa **diaspora**, une communauté dispersée dans le monde qui pourrait jouer un rôle clé dans le développement économique du pays. L’exploit sportif est terminé ; le véritable défi est désormais économique et touristique.

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