NapseflowNapseflow
Environnement

Victime d'un traitement hormonal, elle est devenue lanceuse d'alerte

Reporterre · mis à jour il y a 5 j

Emmanuelle Huet-Mignaton, atteinte d'une tumeur cérébrale à cause de l'Androcur, se bat pour que les femmes puissent comprendre les enjeux pour leur santé avant d'accepter, ou pas, un traitement hormonal. « Après l'opération, une bouillie sortait de ma bouche.

Un traitement hormonal controversé

Emmanuelle Huet-Mignaton, une Française de 53 ans, a subi un traitement hormonal à base de progestatifs de synthèse entre 2005 et 2015. Ces molécules, souvent prescrites pour des troubles gynécologiques comme les règles douloureuses ou l’endométriose, sont des versions artificielles de la progestérone, une hormone naturelle produite par les ovaires. Cependant, les progestatifs de synthèse diffèrent chimiquement de la progestérone naturelle et peuvent avoir des effets secondaires graves. Dans son cas, Emmanuelle Huet-Mignaton a développé une thrombose veineuse profonde (un caillot sanguin dans une veine) et une embolie pulmonaire (un caillot bloquant une artère des poumons), des complications potentiellement mortelles. Ces risques sont connus et documentés, mais les mécanismes exacts reliant ces traitements à ces pathologies restent débattus dans la communauté médicale.

De patiente à lanceuse d’alerte

Après avoir subi ces complications médicales, Emmanuelle Huet-Mignaton a décidé de partager son expérience publiquement, devenant ainsi une lanceuse d’alerte. Son objectif était d’alerter sur les dangers des progestatifs de synthèse et de demander une meilleure information des patientes avant toute prescription. Elle a créé un groupe Facebook dédié, « Progestatifs de synthèse : attention danger », qui compte plus de 4 000 membres en 2023. Ce groupe permet aux femmes de partager leurs témoignages et de s’entraider. Son action s’inscrit dans un mouvement plus large de sensibilisation aux effets indésirables des médicaments, notamment ceux prescrits pour des troubles gynécologiques. Elle a également été auditionnée par des députés français en 2021 pour plaider en faveur d’une meilleure régulation de ces traitements.

Les progestatifs sous le feu des critiques

Les progestatifs de synthèse, comme le lévonorgestrel ou le drospirénone, sont largement prescrits en France et dans le monde pour traiter des affections gynécologiques ou comme contraceptifs. Cependant, des études et des témoignages de patientes suggèrent qu’ils pourraient être associés à des risques accrus de thrombose, de dépression, ou de prise de poids. En 2020, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié un rapport reconnaissant ces risques, tout en maintenant leur autorisation de mise sur le marché. L’ANSM a notamment souligné la nécessité d’informer davantage les patientes sur les alternatives thérapeutiques, comme la progestérone naturelle micronisée, qui présenterait moins de risques selon certaines études.

Un combat pour la transparence

Emmanuelle Huet-Mignaton milite pour une meilleure transparence des laboratoires pharmaceutiques et des autorités sanitaires. Elle dénonce le manque d’études indépendantes sur les progestatifs de synthèse et l’influence des laboratoires sur les recommandations médicales. En France, les médicaments à base de progestatifs de synthèse représentent un marché de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Selon elle, cette dépendance économique pourrait expliquer pourquoi les alertes sur leurs dangers ne sont pas toujours prises au sérieux. Son combat s’inscrit dans un contexte plus large de défiance envers l’industrie pharmaceutique, notamment après des scandales comme celui du Mediator ou du Diane 35, deux médicaments retirés du marché en raison de leurs effets secondaires graves.

Ce que ça pourrait changer

Face aux risques des progestatifs de synthèse, Emmanuelle Huet-Mignaton et d’autres lanceuses d’alerte proposent des alternatives. La *progestérone naturelle micronisée*, par exemple, est une hormone identique à celle produite par le corps, qui pourrait présenter moins de risques de thrombose. D’autres solutions incluent des approches non hormonales, comme des régimes alimentaires adaptés ou des thérapies alternatives pour gérer l’endométriose ou les règles douloureuses. Cependant, ces alternatives ne sont pas toujours reconnues ou remboursées par les systèmes de santé. En France, la prise en charge des traitements pour l’endométriose reste un sujet de débat, avec des délais de diagnostic souvent trop longs et des parcours de soins inégaux selon les régions.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.