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Les moules françaises sont de plus en plus petites : pourquoi la filière est aux abois

Presse-Citron · mis à jour il y a 3 j

Le constat est sans appel. Face à la hausse des températures et à la sécheresse, les moules n'arrivent plus à grandir sur les côtes françaises.

Baisse de taille des moules

Les moules élevées sur les côtes françaises sont de plus en plus petites, ce qui pose un problème majeur pour la filière mytilicole. Selon Philippe Le Gal, président du Comité national de la conchyliculture, la production estivale a chuté d’environ un quart par rapport aux années précédentes. Normalement, la France produit entre 49 000 et 66 000 tonnes de moules chaque année. Par exemple, sur un pieu de récolte dans le Morbihan, environ 10 kilos de moules sur 30 kilos doivent être écartés car ils ne respectent pas la taille minimale requise pour la vente. En baie de Saint-Brieuc, les pertes atteignent entre 60 % et 75 % de la production. Cette tendance de fond s’observe depuis environ cinq ans et menace la rentabilité des mytiliculteurs.

Sécheresse et manque de nourriture

Les moules se nourrissent en filtrant le phytoplancton, de minuscules algues présentes dans l’eau de mer. Leur croissance dépend directement de la quantité de ces micro-organismes, qui elle-même dépend des apports en sels nutritifs transportés par les fleuves et les pluies depuis la terre. En période de sécheresse, comme celle observée durant l’été 2026, les débits d’eau douce diminuent fortement, réduisant ainsi la quantité de nourriture disponible pour les moules. Sans un apport suffisant en nutriments, les moules ne peuvent pas accumuler assez d’énergie pour grandir normalement.

Répercussions du réchauffement

Les moules ne peuvent pas réguler leur température interne. Lorsque la mer se réchauffe, comme cela s’est produit lors des vagues de chaleur de l’été 2026, leur métabolisme s’accélère. Elles doivent alors brûler davantage d’énergie pour assurer leurs fonctions vitales de base, ce qui les empêche d’accumuler les ressources nécessaires à leur croissance. En d’autres termes, elles dépensent plus d’énergie qu’elles n’en consomment, ce qui freine leur développement. Ce phénomène est particulièrement marqué depuis plusieurs années.

Acidification des océans

Les océans absorbent une partie importante du dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère, ce qui entraîne leur acidification. Ce phénomène réduit la disponibilité de minéraux essentiels à la fabrication et au renforcement de la coquille des moules. Pour compenser, les moules doivent fournir un effort supplémentaire pour maintenir leur protection naturelle, au détriment de leur prise de masse. Cette situation aggrave encore les difficultés de croissance des moules et menace la filière mytilicole.

Impact sur l'écosystème

Le réchauffement des eaux et l’affaiblissement des moules créent un déséquilibre dans l’écosystème côtier. Certains prédateurs, comme l’araignée de mer, profitent de ces conditions pour s’attaquer aux gisements de moules déjà fragilisés. Cette prédation accentue les pertes subies par les mytiliculteurs et aggrave la crise de la filière. Sans une amélioration des conditions environnementales, la rentabilité de la production de moules en France reste fortement compromise.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette situation, la filière mytilicole tire la sonnette d’alarme. Les mytiliculteurs, comme Gilles Foucher en Bretagne, constatent des pertes dramatiques et alertent sur l’avenir de leur activité. Sans un retour à des conditions environnementales plus stables, notamment en termes de température de l’eau et de disponibilité en nourriture, la rentabilité de la production de moules en France est menacée. Les acteurs du secteur appellent à des mesures pour protéger cet écosystème et préserver leur activité économique.

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