NapseflowNapseflow
Environnement

Particules fines, monoxyde de carbone… Quand les fumées des incendies nuisent à notre santé

Vert.eco · mis à jour il y a 21 j

Les flammes dévorent les forêts ; les fumées, elles, s'attaquent aux poumons, au cœur et parfois à tout l'organisme. Alors que les incendies se multiplient sous l'effet du réchauffement climatique, Vert fait le point sur les polluants invisibles qu'ils libèrent et sur les risques qu'ils font courir, parfois à des centaines de kilomètres du brasier..

Incendies et réchauffement

Les incendies de forêt se multiplient en raison du réchauffement climatique, qui augmente les températures et assèche les sols. Ce phénomène n'affecte pas seulement les zones directement touchées par les flammes, mais libère aussi des fumées composées de polluants invisibles. Ces particules fines et gaz toxiques voyagent sur de longues distances, parfois à des centaines de kilomètres du foyer d'incendie. Par exemple, en 2023, des feux au Canada ont provoqué des pics de pollution en Europe, illustrant l'impact global de ces événements. Le réchauffement climatique, causé par l'augmentation des gaz à effet de serre comme le CO₂, aggrave la fréquence et l'intensité des incendies, créant un cercle vicieux entre pollution et changement climatique.

Polluants invisibles

Les fumées des incendies contiennent plusieurs polluants dangereux pour la santé. Les particules fines (PM2.5 et PM10) sont de minuscules particules solides ou liquides en suspension dans l'air. Les PM2.5, dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, pénètrent profondément dans les poumons et peuvent atteindre le sang. Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore et inodore qui réduit la capacité du sang à transporter l'oxygène. D'autres substances, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou les oxydes d'azote, sont également libérées. Ces polluants proviennent de la combustion incomplète du bois et de la végétation. Leur concentration peut dépasser les seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), même à grande distance des incendies.

Risques pour la santé

L'exposition aux fumées d'incendie augmente les risques pour la santé, à court et long terme. À court terme, elle peut provoquer des irritations des yeux, du nez ou de la gorge, des maux de tête, des difficultés respiratoires ou des crises d'asthme. Les personnes vulnérables, comme les enfants, les personnes âgées ou celles souffrant de maladies cardiovasculaires ou respiratoires, sont particulièrement exposées. À long terme, une exposition répétée aux particules fines est associée à des maladies chroniques comme la bronchite, les maladies cardiovasculaires ou certains cancers. Une étude de l'OMS estime que la pollution de l'air, incluant les particules fines, cause environ 7 millions de décès prématurés par an dans le monde. Les fumées d'incendie aggravent ces risques en ajoutant une source ponctuelle mais intense de pollution.

Ce que ça pourrait changer

Les fumées des incendies ne se limitent pas aux zones brûlées. Elles peuvent être transportées par les vents sur de longues distances, affectant des régions éloignées. Par exemple, en 2019 et 2020, les incendies en Australie ont envoyé des panaches de fumée jusqu'en Amérique du Sud, perturbant la qualité de l'air sur des milliers de kilomètres. En Europe, des épisodes de pollution liés à des feux en Amérique du Nord ou en Sibérie ont été observés. Ces déplacements de polluants compliquent la gestion des risques sanitaires, car les populations touchées ne sont pas toujours préparées. Les autorités locales doivent alors adapter leurs alertes et recommandations, comme limiter les activités en extérieur ou utiliser des purificateurs d'air.

Sujets complémentaires