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Géopolitique

Ce que l’analyse des coraux nous dit sur le phénomène El Niño

Courrier International · mis à jour il y a 19 j

Une étude reposant sur l’analyse de la composition des coraux qui poussent dans les eaux des Galápagos montre une intensification des épisodes d’El Niño depuis que l’humain émet des gaz à effet de serre. Le réchauffement d’origine anthropique est souvent désigné comme cause des épisodes plus marqués d’El Niño, les preuves commencent à s’accumuler..

El Niño et ses cycles

El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit dans l’océan Pacifique tous les 2 à 7 ans. Il se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans la partie centrale et orientale de cet océan, près des côtes de l’Amérique du Sud. Ce réchauffement perturbe les courants marins et atmosphériques, entraînant des conséquences météorologiques mondiales comme des sécheresses en Indonésie ou des pluies intenses en Amérique du Sud. En juin 2026, des conditions typiques de formation d’El Niño ont été observées, avec des prévisions annonçant un épisode d’une puissance historique, le troisième de forte intensité en seulement onze ans. Les scientifiques soulignent que cette récurrence rapide et intense est un fait inédit.

Les coraux, archives du climat

Les coraux des îles Galápagos, en Équateur, jouent un rôle clé dans l’étude d’El Niño. Leur croissance dépend des conditions environnementales, notamment de la température de l’eau et de la salinité. En analysant la composition chimique des coraux, vivants ou morts depuis des siècles, les chercheurs peuvent reconstituer les variations climatiques passées. Cette méthode, appelée paléoclimatologie, permet de retracer l’évolution d’El Niño sur plus d’un millénaire. Les coraux agissent ainsi comme des archives naturelles, enregistrant les changements de température et les événements extrêmes avec une précision remarquable.

Intensification récente d’El Niño

Une étude publiée dans la revue Science par Julia Cole, paléoclimatologue à l’université du Michigan, révèle que les épisodes d’El Niño ont été plus intenses au cours des quarante dernières années que pendant tout le reste du dernier millénaire. Les chercheurs ont comparé des milliers de coraux des Galápagos et ont constaté que les températures plus élevées, liées au réchauffement climatique d’origine humaine, amplifient les répercussions de ce phénomène. Ces résultats confirment une tendance déjà observée : les épisodes d’El Niño deviennent plus fréquents et plus violents depuis que les activités humaines émettent des gaz à effet de serre.

Preuves scientifiques et consensus

Jusqu’à présent, les scientifiques suspectaient un lien entre le changement climatique et l’intensification d’El Niño, mais manquaient de preuves solides. L’analyse des coraux apporte désormais une confirmation tangible. Les données montrent que les épisodes récents, comme celui prévu pour 2026, sont bien plus extrêmes que ceux observés avant l’ère industrielle. Cette étude s’inscrit dans une série de recherches qui renforcent le consensus scientifique sur l’impact des activités humaines sur les phénomènes climatiques naturels. Les modèles climatiques actuels intègrent désormais ces nouvelles données pour affiner leurs prévisions.

Ce que ça pourrait changer

Les épisodes intenses d’El Niño ont des répercussions majeures sur les conditions météorologiques à l’échelle mondiale. Ils peuvent provoquer des sécheresses prolongées en Australie ou en Afrique australe, des inondations dévastatrices en Amérique du Sud, et des perturbations des écosystèmes marins comme le blanchiment des coraux. L’étude des Galápagos met en lumière l’urgence d’agir pour limiter le réchauffement climatique, car les épisodes futurs risquent d’être encore plus destructeurs. Les scientifiques appellent à une meilleure préparation des populations et des infrastructures face à ces événements extrêmes.

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