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Chez Meta, les outils de protection des ados auraient été conçus pour éviter les procès

Next.ink · mis à jour il y a 5 j

Au procès de Meta en Californie, le témoignage d’un ancien data scientist met à mal la défense du groupe sur la protection des adolescents. Des outils censés limiter les usages problématiques d’Instagram étaient très peu utilisés, sans que leur faible adoption semble beaucoup inquiéter la direction.

Procès contre Meta

Meta, l'entreprise propriétaire de Facebook et Instagram, est actuellement en procès aux États-Unis, plus précisément en Californie. Quatre États américains l'accusent de deux problèmes majeurs : d'abord, de favoriser l'addiction des adolescents à ses réseaux sociaux, et ensuite, de collecter de manière excessive les données personnelles des jeunes utilisateurs. Ce procès, qui se déroule en août 2026, pourrait avoir des conséquences financières très lourdes pour Meta, avec des dommages estimés à 1 400 milliards de dollars si l'entreprise est condamnée. Les audiences pourraient encore durer entre deux et quatre semaines.

Fonction 'Take a Break'

En 2021, Meta a lancé sur Instagram une fonction appelée « Take a Break » (littéralement « Faire une pause »), conçue pour aider les adolescents à limiter leur temps d'utilisation du réseau social. Cette fonctionnalité propose aux utilisateurs de faire une pause de 10 minutes après une session prolongée. Pourtant, lors de son lancement, cette option était désactivée par défaut. Selon le témoignage de George Volichenko, un ancien data scientist de Meta, moins de 0,165 % des adolescents avaient activé cette fonction et l'avaient réellement utilisée. Même après une amélioration, le taux d'adoption n'a atteint que 2 %, ce que Volichenko a qualifié de « goutte d'eau dans l'océan ».

Témoignage d'Adam Mosseri

Adam Mosseri, le directeur d'Instagram, a témoigné lors du procès et a reconnu que la plupart des adolescents ne souhaitaient pas utiliser la fonction « Take a Break ». Malgré cela, il a décidé de l'activer par défaut en septembre 2024, dans le cadre d'un ensemble de mesures appelées comptes Ados. Ces restrictions, réservées aux moins de 16 ans, empêchent les utilisateurs de les désactiver sans l'autorisation d'un parent. Meta affirme que 97 % des adolescents âgés de 13 à 15 ans utilisent désormais Instagram avec ces restrictions activées. Cependant, Volichenko a souligné que cette fonction est peu utile pour les jeunes qui consultent rapidement l'application plusieurs fois par jour.

Doutes sur la volonté de Meta

George Volichenko a exprimé des doutes sur la réelle volonté de Meta de protéger les adolescents. Lors d'une réunion avec son supérieur, il a été informé que l'équipe en charge de ces outils existait en partie pour « protéger l'entreprise contre les procès à venir ». Cette affirmation suggère que les outils de protection pourraient avoir été conçus davantage pour limiter les risques juridiques que pour réellement aider les jeunes utilisateurs. Adam Mosseri a nié cette allégation, affirmant ne pas encourager ses équipes à cacher des informations et insistant sur sa volonté de comprendre le fonctionnement des outils.

Contexte des lanceurs d'alerte

Le procès de Meta s'inscrit dans un contexte marqué par les révélations de plusieurs lanceurs d'alerte. Frances Haugen, une ancienne employée de Meta, avait déjà affirmé en 2021 que l'entreprise savait que ses produits étaient dangereux pour les enfants, mais avait choisi de ne pas agir pour protéger ses profits. Plus récemment, Arturo Béjar, un ancien ingénieur devenu expert en sécurité des produits, a également soutenu que Meta était consciente des dangers liés à ses outils pour les mineurs. Ces témoignages renforcent les accusations portées contre l'entreprise dans ce procès.

Ce que ça pourrait changer

Le procès pourrait entraîner des changements majeurs dans le fonctionnement des applications de Meta, notamment concernant le **défilement infini** (un mécanisme qui permet de faire défiler indéfiniment le contenu sans interruption) et les **algorithmes** (des programmes qui déterminent quels contenus sont affichés aux utilisateurs). Ces éléments sont au cœur des critiques adressées à Meta, car ils favoriseraient une utilisation excessive des réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes. Une condamnation pourrait donc contraindre l'entreprise à revoir profondément ses pratiques.

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