La Cedeao confirme le cap de 2027 pour le lancement de la monnaie ouest-africaine, l’eco
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a annoncé le 19 juillet le lancement progressif de l’eco. En projet depuis vingt ans, cette nouvelle monnaie devrait remplacer le franc CFA et accélérer l’intégration économique régionale.
Les chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont confirmé lors d'un sommet en Sierra Leone, le 19 juillet 2026, le lancement progressif de la monnaie unique ouest-africaine appelée l'eco à partir de 2027. Ce projet, initialement prévu pour 2020, a été reporté à plusieurs reprises en raison de désaccords entre les États membres et du non-respect des critères macroéconomiques nécessaires à son adoption. L'eco vise à renforcer l'intégration économique régionale, faciliter les échanges commerciaux et réduire les coûts des transactions financières au sein de l'espace communautaire. La Cedeao regroupe 15 pays d'Afrique de l'Ouest, dont le Nigeria, la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Ghana.
La création de l'eco a pour but principal de favoriser une croissance durable, résiliente et inclusive dans la région ouest-africaine. Selon les informations relayées par le site Afrik.com, cette monnaie unique permettrait de renforcer l'intégration économique entre les pays membres, en facilitant les échanges commerciaux et en réduisant les coûts liés aux transactions financières. Par ailleurs, l'adoption de l'eco marquerait la fin du franc CFA (franc des Colonies Françaises d'Afrique), une monnaie utilisée par les pays francophones d'Afrique de l'Ouest et du Centre, souvent critiquée pour son lien avec l'ancienne puissance coloniale française. La Cedeao espère ainsi accélérer l'intégration économique sous-régionale et réduire les coûts de transaction dans une zone où les échanges sont encore limités par des barrières monétaires et financières.
Le projet de monnaie unique ouest-africaine a été lancé il y a deux décennies, mais son adoption a été constamment repoussée en raison de désaccords entre les États membres et du non-respect des critères de convergence macroéconomique. Ces critères incluent des indicateurs comme la stabilité des prix, la dette publique ou encore la balance des paiements, qui doivent être maîtrisés pour garantir la viabilité de l'eco. Les retards accumulés depuis la date initiale de 2020 illustrent les défis politiques et économiques auxquels la Cedeao doit faire face pour concrétiser ce projet. Malgré ces obstacles, les dirigeants de la région réaffirment leur engagement en faveur de cette monnaie commune, symbole d'une intégration plus poussée.
La Cedeao, créée en 1975, regroupe 15 pays d'Afrique de l'Ouest, dont certains des plus peuplés et économiquement importants du continent, comme le Nigeria (200 millions d'habitants) et la Côte d'Ivoire (28 millions d'habitants). La monnaie unique, l'eco, est perçue comme un outil pour renforcer la souveraineté économique de la région et réduire sa dépendance vis-à-vis des anciennes puissances coloniales. Cependant, le projet doit encore surmonter des défis majeurs, notamment la coordination entre les pays membres et la mise en place des infrastructures nécessaires à son fonctionnement. Le sommet de juillet 2026 marque une étape importante, mais la concrétisation définitive de l'eco dépendra de la capacité des États à respecter les engagements pris.

