NapseflowNapseflow
Société

Espagne: la stratégie de Pedro Sánchez de convoquer des élections anticipées va-t-elle payer?

Slate FR · mis à jour il y a 8 j

Après le rejet par les partis de droite d'une loi d'urgence visant à lutter contre la crise du logement, le Premier ministre espagnol a annoncé des élections législatives anticipées qui se tiendront le 29 novembre. Cette stratégie peut-elle profiter à son parti?.

Élections anticipées annoncées

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, chef du gouvernement et leader du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), a annoncé le 5 octobre 2026 la tenue d’élections législatives anticipées le 29 novembre 2026. Cette décision intervient plusieurs mois avant la fin du mandat normal, qui aurait dû se terminer en 2027. Sánchez justifie ce choix par la nécessité de répondre à une crise politique et sociale majeure, notamment la colère suscitée par la crise du logement en Espagne. Ce scrutin sera le cinquième en dix ans, reflétant une instabilité politique chronique dans le pays. Le gouvernement de Sánchez, en place depuis 2018, est fragilisé par des blocages parlementaires et des affaires de corruption, ce qui rend cette décision risquée mais stratégique selon ses partisans.

Crise du logement déclenchante

La crise du logement a servi de détonateur à cette décision électorale. Le 23 septembre 2026, une retraitée de 87 ans, Maricarmen Abscal, a été expulsée de son appartement madrilène après 70 ans d’occupation, lorsque son logement a été racheté par une société d’investissement. Le loyer initial de 275 € a été augmenté de 275 %, rendant le logement inaccessible pour la retraitée. Le gouvernement de Sánchez a proposé des mesures d’urgence pour protéger les locataires, mais ces propositions ont été rejetées par le Congrès à la fin septembre 2026. Le Parti populaire (PP), la droite traditionnelle, l’extrême droite de Vox et les indépendantistes catalans de Junts ont tous voté contre ces mesures, provoquant une mobilisation massive de citoyens dans les rues de Madrid et d’autres villes espagnoles.

Contexte politique tendu

Le PSOE de Pedro Sánchez est actuellement devancé dans les intentions de vote par le Parti populaire (PP), le principal parti d’opposition de droite. Cependant, le PP ne semble pas en mesure d’obtenir une majorité absolue de 176 sièges au Congrès des députés, ce qui l’obligerait à s’allier avec Vox, le parti d’extrême droite. Une telle coalition serait historique, car ce serait la première fois depuis la mort de Francisco Franco en 1975 que l’extrême droite gouvernerait l’Espagne. Le PP, qui avait critiqué Vox en 2020 pour ses positions jugées trop radicales, a depuis changé de stratégie et a formé des alliances régionales avec ce parti. Ces coalitions ont déjà conduit à des politiques restrictives, comme la priorité nationale pour l’accès au logement et aux services publics, réservée aux personnes nées en Espagne.

Gouvernement affaibli et scandales

Le gouvernement de Pedro Sánchez est affaibli par plusieurs crises successives. Lors des dernières élections législatives de juillet 2023, il n’a conservé son poste qu’avec une majorité très fragile, grâce à un accord avec les indépendantistes catalans incluant une loi d’amnistie pour les responsables de la tentative d’indépendance de la Catalogne en 2017. Depuis, son alliance avec la gauche radicale Sumar peine à faire adopter des lois dans un Congrès très divisé. De plus, le gouvernement est critiqué pour sa gestion de la crise migratoire à Ceuta, une enclave espagnole au Maroc, où environ 70 000 personnes sont arrivées en seulement 48 heures fin juillet 2026. Enfin, plusieurs affaires de corruption impliquant des membres du PSOE et du cercle proche de Sánchez ont terni l’image du parti, alimentant le mécontentement populaire.

Ce que ça pourrait changer

Pedro Sánchez mise sur la crise du logement et la mobilisation populaire pour tenter de renverser la tendance électorale. Dans un discours prononcé le 5 octobre 2026, il a présenté ce scrutin comme un choix entre une politique **progressiste** et une politique **réactionnaire**. Il a souligné son opposition à des figures comme **Donald Trump**, son soutien à la cause palestinienne et son engagement pour le climat, se positionnant comme un rempart contre l’extrême droite. Sánchez a déclaré : *« Vous, hommes et femmes d’Espagne, devez décider si vous voulez rejoindre la vague d’extrême droite qui entraîne la régression partout où elle gouverne, ou faire en sorte que l’Espagne reste un bastion d’ouverture, de justice sociale et de responsabilité environnementale. »* Ses adversaires, en revanche, espèrent profiter de ce scrutin pour mettre fin à ses huit années au pouvoir.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.