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SOCIÉTÉ

Espagne: la stratégie de Pedro Sánchez de convoquer des élections anticipées va-t-elle payer?

Source unique·il y a 8 j

En convoquant des élections législatives anticipées le 29 novembre 2026, Pedro Sánchez parie sur la crise du logement pour relancer une carrière politique fragilisée. Cette stratégie, risquée, vise à transformer une mobilisation sociale en levier électoral, mais elle pourrait aussi accélérer l’ascension de l’extrême droite en Espagne, où le Parti populaire (PP) et Vox pourraient former une coalition inédite depuis la fin du franquisme.

Pourquoi Pedro Sánchez a-t-il choisi de dissoudre le Parlement plutôt que de gouverner jusqu’à la fin de son mandat ?

Face à une impasse parlementaire chronique et à une contestation sociale croissante, notamment autour de la crise du logement, Sánchez a préféré anticiper le scrutin pour éviter une paralysie prolongée. Son gouvernement, déjà affaibli par des affaires de corruption et des blocages législatifs, espère que la mobilisation populaire sur les expulsions servira de tremplin électoral pour le PSOE, malgré un contexte défavorable aux sondages.

Quel rôle joue la crise du logement dans cette stratégie électorale ?

La crise du logement, symbolisée par l’expulsion d’une retraitée de 87 ans après une hausse de loyer de 275%, a provoqué des manifestations massives et servi de catalyseur à la colère populaire. Sánchez mise sur cette émotion pour présenter les élections comme un choix entre une politique progressiste et une alternative réactionnaire, tout en espérant que ses mesures d’urgence (rejetées par le Congrès) seront perçues comme une réponse tardive mais nécessaire.

Quels sont les risques pour l’Espagne si le Parti populaire (PP) et Vox forment une coalition après le scrutin ?

Une telle alliance, inédite depuis 1975, marquerait un tournant politique majeur en Espagne. Vox, parti d’extrême droite, pourrait imposer des mesures restrictives comme des politiques de « priorité nationale » dans l’accès au logement ou aux services publics, tandis que le PP, autrefois critique envers Vox, a déjà validé des coalitions régionales avec ce parti, normalisant ainsi son discours.

Ce que ça pourrait changer

Si Sánchez échoue à mobiliser suffisamment d’électeurs sur la question du logement, son pari pourrait se retourner contre lui et ouvrir la voie à une coalition PP-Vox, avec des conséquences sociales et politiques profondes pour l’Espagne. À l’inverse, une victoire relative du PSOE pourrait prolonger une gouvernance fragile, dépendante des alliances avec des partis indépendantistes catalans, dans un contexte de tensions territoriales persistantes.

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