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Environnement

Le cidre en souffrance : la récolte de pommes s'annonce « dramatique »

Reporterre · mis à jour il y a 3 h

La récolte de pommes à cidre s'annonce « dramatique » en 2026, a alerté le directeur de l'Union nationale interprofessionnelle cidricole. Si le gouvernement prévoit une aide, la question de l'adaptation à long terme reste en suspens.

Récolte en baisse

La récolte de pommes à cidre en France pour l’année 2023 s’annonce particulièrement mauvaise, avec une baisse estimée entre 30 % et 50 % par rapport à une année normale. Cette situation est qualifiée de « dramatique » par les professionnels du secteur, qui évoquent des conditions météorologiques défavorables tout au long de l’année. Les pommes à cidre, différentes des pommes de table, sont spécifiquement cultivées pour produire du cidre. Leur récolte dépend fortement des conditions climatiques, notamment des gelées printanières, des pluies excessives ou des sécheresses, qui peuvent endommager les fleurs ou les fruits. Les producteurs de cidre, souvent des petits exploitants ou des coopératives, sont directement touchés par cette baisse de production, qui menace leur activité économique.

Causes climatiques

Les mauvaises conditions météorologiques sont au cœur de cette crise. Dès le printemps 2023, des gelées tardives ont détruit une partie des fleurs des pommiers, réduisant ainsi le nombre de fruits potentiels. Ensuite, des épisodes de pluie intense ont favorisé le développement de maladies fongiques comme la tavelure (une maladie qui attaque les feuilles et les fruits des pommiers) ou le mildiou, limitant encore davantage la récolte. Enfin, l’été sec dans certaines régions a stressé les arbres, affaiblissant leur capacité à produire des pommes. Ces aléas climatiques s’inscrivent dans une tendance plus large de dérèglement du climat, avec des événements extrêmes de plus en plus fréquents en France et en Europe.

Impact économique

La baisse de la récolte de pommes à cidre a des conséquences directes sur l’économie du secteur. Le prix des pommes à cidre a déjà augmenté de 20 % à 30 % par rapport à 2022, et cette tendance devrait se poursuivre. Les cidreries, qui transforment ces pommes en cidre, voient leurs coûts de production augmenter, ce qui pourrait se répercuter sur le prix de vente final pour les consommateurs. De plus, certaines petites exploitations risquent de ne pas pouvoir survivre à cette crise, faute de stocks suffisants ou de revenus stables. Les régions les plus touchées, comme la Normandie ou la Bretagne, où la production de cidre est historique, pourraient subir un déclin durable de leur activité.

Réactions des acteurs

Face à cette situation, les acteurs du secteur se mobilisent pour tenter de limiter les dégâts. Les syndicats agricoles, comme la Fédération nationale des producteurs de cidre (FNPC), alertent les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation et demandent des aides financières pour soutenir les producteurs. Certains producteurs envisagent de diversifier leurs cultures ou de se tourner vers d’autres débouchés, comme la vente directe de pommes ou de produits transformés. Cependant, ces solutions restent limitées et ne suffiront pas à compenser la baisse de production. Les cidreries industrielles, plus résilientes, pourraient aussi être contraintes de réduire leurs volumes ou d’importer des pommes à cidre d’autres pays, comme l’Espagne ou la Pologne, où les récoltes sont meilleures.

Ce que ça pourrait changer

À plus long terme, la crise actuelle interroge sur la durabilité de la production de cidre en France. Les producteurs et les experts soulignent la nécessité d’adapter les pratiques culturales pour résister aux changements climatiques. Cela pourrait passer par le choix de variétés de pommiers plus résistantes aux maladies ou aux aléas climatiques, ou par l’adoption de techniques culturales comme l’agroforesterie ou l’irrigation raisonnée. Cependant, ces adaptations demandent des investissements importants et du temps, alors que la situation actuelle est déjà critique. Sans mesures d’urgence, la filière cidricole française pourrait perdre une partie de sa production traditionnelle, au profit de pays moins touchés par les aléas climatiques.

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