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Environnement

Des scientifiques dressent le bilan de santé de la planète, et c'est dramatique

Reporterre · mis à jour il y a 14 h

Concentration de CO 2 , fonte des glaces... Alors que plusieurs signaux « vitaux » de la planète atteignent des niveaux record de dégradation, des « bascules sociétales » sont encore possibles, estime une étude parue le 14 octobre.

Bilan scientifique alarmant

Un groupe de scientifiques internationaux a publié un rapport alarmant sur l'état de santé de la planète. Ce document, intitulé Global Risks Report 2024, dresse un constat sévère : les indicateurs environnementaux et climatiques atteignent des niveaux critiques. Parmi les principaux constats, les chercheurs soulignent que 15 des 29 indicateurs clés de la santé planétaire surveillés par la communauté scientifique sont en état de dégradation avancée. Ces indicateurs incluent notamment la perte de biodiversité, la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère, et l'acidification des océans. Par exemple, la concentration de CO₂ dans l'air a atteint 420 parties par million (ppm) en 2023, un niveau jamais enregistré depuis au moins 800 000 ans. Les scientifiques rappellent que l'objectif international de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle est désormais hors de portée sans des transformations radicales et immédiates.

Perte accélérée biodiversité

Le rapport met en lumière une extinction massive des espèces sans précédent depuis l'extinction des dinosaures il y a 66 millions d'années. Selon les données, 1 million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction, dont une grande partie pourrait disparaître d'ici quelques décennies si les tendances actuelles se poursuivent. Les scientifiques expliquent que cette perte de biodiversité est principalement causée par la destruction des habitats naturels, l'agriculture intensive, la pollution et le changement climatique. Par exemple, les populations d'insectes pollinisateurs, essentiels à la reproduction des plantes, ont chuté de 75 % en Europe depuis 1990. Les écosystèmes fragilisés, comme les récifs coralliens ou les forêts tropicales, voient leur capacité à absorber le CO₂ diminuer, aggravant ainsi le réchauffement climatique. Les auteurs du rapport insistent sur le fait que cette crise menace directement la sécurité alimentaire et la stabilité des sociétés humaines.

Réchauffement climatique critique

Le document révèle que la température moyenne mondiale a déjà augmenté de +1,1°C depuis l'ère préindustrielle, avec des conséquences visibles et dévastatrices. Les scientifiques notent une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes : canicules plus fréquentes et intenses, sécheresses prolongées, inondations dévastatrices et ouragans plus puissants. Par exemple, l'année 2023 a été la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne 1,48°C au-dessus de la moyenne préindustrielle. Les chercheurs soulignent que les engagements actuels des États, s'ils étaient tenus, ne permettraient de limiter le réchauffement qu'à +2,5°C à 2,9°C d'ici 2100, un niveau bien supérieur à l'objectif de +1,5°C fixé par l'Accord de Paris en 2015. Les conséquences incluent des risques accrus de famines, de déplacements de populations et de conflits liés aux ressources.

Pollution généralisée

La pollution sous toutes ses formes aggrave la crise environnementale. Les scientifiques alertent sur plusieurs fronts : la pollution plastique, qui devrait atteindre 1 000 millions de tonnes par an d'ici 2040, la pollution de l'air, responsable de 7 millions de morts prématurées chaque année, et la pollution des sols par les pesticides et les métaux lourds. Par exemple, 8 à 10 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans, formant des zones comme le 7ᵉ continent dans le Pacifique Nord, où les déchets s'accumulent sur des millions de kilomètres carrés. Les auteurs du rapport soulignent que ces pollutions affectent non seulement les écosystèmes, mais aussi la santé humaine, avec des coûts économiques estimés à plusieurs milliers de milliards de dollars par an en soins médicaux et perte de productivité. Les solutions proposées incluent des réglementations plus strictes, des innovations technologiques et un changement des modes de production et de consommation.

Ce que ça pourrait changer

Face à ce bilan dramatique, les scientifiques appellent à une mobilisation sans précédent pour éviter un effondrement écologique. Ils soulignent que les solutions existent, mais qu'elles nécessitent des transformations profondes dans les secteurs de l'énergie, de l'agriculture, des transports et de l'industrie. Par exemple, le rapport cite le déploiement massif des énergies renouvelables, la réduction drastique des émissions de GES, la protection et la restauration des écosystèmes, ainsi que la transition vers une économie circulaire. Les auteurs insistent sur la nécessité d'une coopération internationale renforcée, car les problèmes environnementaux ne connaissent pas de frontières. Ils rappellent que les décisions prises dans les **10 prochaines années** seront déterminantes pour l'avenir de la planète. Enfin, ils soulignent que ces transformations ne sont pas seulement une question environnementale, mais aussi une opportunité économique et sociale pour créer des emplois durables et réduire les inégalités.

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