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Géopolitique

En Israël, l’intégrité des législatives d’octobre au cœur d’une bataille politique

Courrier International · mis à jour il y a 18 j

Plusieurs controverses alimentent les inquiétudes sur les conditions du scrutin du 27 octobre prochain : attaques du Likoud contre la Commission électorale, bataille autour des règles dans les bureaux de vote et restrictions pour certains électeurs âgés. La presse israélienne s’interroge sur la confiance qui pourra être accordée au processus électoral..

Élections en Israël

Les élections législatives israéliennes, prévues le 27 octobre 2026, sont perçues comme déterminantes pour l’avenir du pays. Ces élections, organisées tous les quatre ans, permettent aux citoyens israéliens de voter pour élire les 120 membres de la Knesset, le Parlement israélien. Le scrutin repose sur un système de représentation proportionnelle, où les partis obtiennent des sièges en fonction du pourcentage de voix reçues. Cependant, deux mois avant le vote, des controverses menacent la crédibilité du processus électoral. Plusieurs acteurs politiques, dont le Premier ministre Benyamin Nétanyahou et son parti, le Likoud, remettent en cause l’intégrité de l’organisation du scrutin, notamment via des attaques contre la Commission électorale centrale, l’institution indépendante chargée de superviser les élections.

Commission électorale contestée

La Commission électorale centrale d’Israël est présidée par un juge de la Cour suprême, actuellement Noam Sohlberg. Cette institution, indépendante, est chargée d’organiser les élections, de fixer les règles et de superviser le dépouillement des bulletins. Cependant, depuis avril 2026, elle est au cœur d’une polémique après le remplacement d’Orly Adas, directrice historique de la Commission, par Dean Livne, un conseiller juridique. Le Likoud et ses alliés accusent cette nomination d’être politique et non neutre, évoquant une « nomination scandaleuse » qui pourrait nuire à l’intégrité du scrutin. Dean Livne avait lui-même exprimé des craintes quant à une possible contestation des résultats par certains partis, ce qui a alimenté les tensions.

Contrôle des électeurs

Un autre débat oppose les partis politiques sur la possibilité de suivre en temps réel l’identité des électeurs ayant déjà voté dans les bureaux de vote. Jusqu’à présent, les partis pouvaient utiliser ces données pour mobiliser leurs sympathisants en leur rappelant de se rendre aux urnes. Cependant, le juge Noam Sohlberg a interdit cette pratique, craignant qu’elle ne facilite des fraudes ou ne serve à dissuader des électeurs opposés. Cette décision touche à un principe fondamental : le secret du vote, garant de la liberté et de l’équité du scrutin. Les partis d’opposition dénoncent une mesure qui limite leur capacité à mobiliser leur électorat.

Restrictions pour les seniors

Depuis la pandémie de Covid-19, des bureaux de vote étaient installés dans les maisons de retraite pour faciliter l’accès au vote des personnes âgées ou à mobilité réduite. Cependant, à l’approche des élections d’octobre 2026, la Knesset a supprimé cette obligation, privant environ 37 000 électeurs de ce dispositif. Environ 20 000 d’entre eux pourraient ainsi rencontrer des difficultés pour voter, faute d’accord des établissements. Le quotidien Ha’Aretz souligne que cette décision, contestée par la Cour suprême, pourrait être motivée par des raisons électorales : les résidents de maisons de retraite voteraient davantage pour les partis d’opposition, notamment Israel Beiteinou, dirigé par Avigdor Lieberman, un parti populaire parmi les immigrants russes.

Ce que ça pourrait changer

Ces différentes controverses — attaques contre la *Commission électorale centrale*, restrictions sur le contrôle des électeurs et suppression des bureaux de vote dans les maisons de retraite — alimentent une méfiance croissante envers l’intégrité du scrutin. Les observateurs s’interrogent sur la capacité des institutions à garantir un processus électoral transparent et équitable. La *Cour suprême* a déjà exprimé ses réserves, notamment sur la réduction de l’accès au vote, une première dans l’histoire israélienne. À deux mois du vote, la question centrale reste : les électeurs israéliens pourront-ils accorder leur confiance aux résultats du 27 octobre 2026 ?

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