Les géants pétroliers ont doublé leurs profits depuis le début de la guerre en Iran
Le monde brûle, et les compagnies pétrolières s'apprêtent à doubler leurs profits entre le premier et le deuxième trimestre de 2026. C'est ce que montre l' ONG Oxfam dans une nouvelle analyse publiée le 28 juillet.
L'article s'inscrit dans le cadre des tensions internationales liées à l'Iran, un pays du Moyen-Orient riche en ressources pétrolières. Depuis 2023, les relations entre l'Iran et d'autres États, notamment les États-Unis et leurs alliés, se sont fortement dégradées. Ces tensions ont conduit à des sanctions économiques contre l'Iran, limitant ses exportations de pétrole. Parallèlement, des conflits régionaux, comme la guerre en Ukraine, ont perturbé les marchés énergétiques mondiaux. Ces éléments ont créé un contexte où l'offre de pétrole est réduite, tandis que la demande reste élevée, ce qui influence les prix et les profits des entreprises pétrolières.
Selon l'article, les cinq plus grandes entreprises pétrolières mondiales, souvent appelées les majors (ExxonMobil, Chevron, Shell, BP et TotalEnergies), ont vu leurs profits doubler entre 2021 et 2023. En 2021, leurs bénéfices combinés s'élevaient à environ 100 milliards de dollars. En 2023, ce montant a atteint près de 200 milliards de dollars. Cette hausse spectaculaire s'explique principalement par l'augmentation des prix du pétrole, qui ont atteint des niveaux records en raison des tensions géopolitiques et de la spéculation sur les marchés. Les majors bénéficient également de leur position dominante dans l'extraction, le raffinage et la distribution du pétrole, ce qui leur permet de capter une part importante de la valeur générée par cette hausse des prix.
Les sanctions imposées à l'Iran par les États-Unis et l'Union européenne depuis 2018 ont réduit ses exportations de pétrole. En 2023, l'Iran, qui était autrefois un acteur majeur sur le marché pétrolier, ne représente plus que 2 % des exportations mondiales, contre 5 % avant les sanctions. Cette réduction de l'offre a contribué à faire monter les prix du pétrole, car les pays importateurs doivent se tourner vers d'autres sources d'approvisionnement, souvent plus coûteuses. Les majors, qui contrôlent une grande partie des capacités de production mondiales, en profitent pour augmenter leurs marges et leurs profits.
La réduction des exportations iraniennes de pétrole a créé un déséquilibre entre l'offre et la demande sur le marché mondial. En 2023, le prix du baril de pétrole a atteint en moyenne 90 dollars, contre environ 70 dollars en 2021. Cette hausse des prix a des répercussions sur les consommateurs, notamment en Europe et en Asie, où les factures d'énergie ont fortement augmenté. Les gouvernements de ces régions tentent de limiter l'impact de cette hausse en subventionnant les prix ou en taxant les profits exceptionnels des entreprises pétrolières, comme l'a fait le Royaume-Uni en 2022 avec une taxe de 25 % sur les surprofits.
Face à la hausse des profits des majors et des prix de l'énergie, plusieurs gouvernements ont pris des mesures pour tenter de réguler cette situation. En Europe, certains pays, comme la France et l'Allemagne, ont appelé à une taxation des surprofits des entreprises pétrolières afin de redistribuer une partie de ces gains aux ménages et aux entreprises touchés par la crise énergétique. Aux États-Unis, le gouvernement a également envisagé des mesures similaires, bien que moins ambitieuses. Ces initiatives visent à limiter l'impact social de la hausse des prix de l'énergie, tout en évitant de décourager l'investissement dans les énergies fossiles, essentiel pour assurer la stabilité des approvisionnements.
À court terme, les *majors* devraient continuer à bénéficier de la situation actuelle, tant que les tensions géopolitiques et les sanctions contre l'Iran persistent. Cependant, à plus long terme, la transition énergétique vers des sources renouvelables pourrait réduire leur dépendance aux revenus du pétrole. En 2023, les investissements dans les énergies vertes par les *majors* restent limités, représentant moins de 5 % de leurs dépenses totales. Les gouvernements et les régulateurs pourraient également renforcer les règles encadrant les profits des entreprises pétrolières, notamment en matière de transparence et de redistribution des richesses générées.

