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La CAQ, l’ingérence et les services secrets, une chronologie intrigante

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 17 j

La CAQ relayait à la presse les textes d'un groupe pro-Trump 10 jours avant d'alerter les services secrets..

Chronologie des événements

Le 12 septembre 2026, l’équipe de la première ministre sortante du Québec, Christine Fréchette, a commencé à partager des publications du groupe de réflexion Defense Analyses and Research Corporation (DARC) avec des journalistes. Ce groupe pro-Trump appelait à soutenir le Parti québécois (PQ) pour déstabiliser le Canada. Le 19 septembre, l’équipe a informé Christine Fréchette de l’existence de ces textes, qui ont ensuite été jugés suffisamment sérieux pour être signalés au Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS) le 22 septembre. Une rencontre avec le SCRS a eu lieu le 23 septembre. Entre le 12 et le 22 septembre, soit dix jours, l’équipe de la CAQ a donc considéré ces textes comme ayant un simple intérêt médiatique avant de les traiter comme une préoccupation de sécurité nationale. Cette chronologie soulève des questions sur les raisons de ce changement de perception en si peu de temps.

Rôle des acteurs clés

La Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par Christine Fréchette, est au cœur de cette affaire. Christine Fréchette est la première ministre sortante du Québec, et son équipe a été la première à prendre connaissance des textes du DARC. Le Parti québécois (PQ), dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, est accusé par certains d’avoir des liens avec l’administration Trump, ce qu’il dément catégoriquement. Le Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS) est l’agence canadienne chargée de protéger le pays contre les menaces à la sécurité nationale, y compris les tentatives d’ingérence étrangère. Le Journal de Montréal a joué un rôle central en publiant un article le 26 septembre 2026, révélant que le gouvernement fédéral aurait partagé ces textes avec le Québec pour le mettre en garde contre une possible ingérence de l’administration Trump. Le Globe and Mail et Le Devoir avaient déjà mentionné ces textes en mars 2026.

Ingérence étrangère : définitions

L’ingérence étrangère désigne une tentative d’un État ou d’un groupe étranger d’influencer les affaires internes d’un autre pays, souvent de manière secrète ou illégale. Dans ce contexte, le gouvernement fédéral aurait partagé des textes du DARC avec le Québec pour alerter sur une possible tentative d’influence de l’administration Trump sur la campagne électorale québécoise. Le DARC est un groupe de réflexion pro-Trump qui a publié des textes appelant à soutenir le PQ pour déstabiliser le Canada. Le SCRS est chargé de surveiller et de contrer ces menaces. La procédure applicable aux partis politiques mentionnée par l’équipe de Christine Fréchette fait référence aux règles établies par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pour signaler toute menace à l’intégrité du processus électoral. Selon cette procédure, tout ce qui pourrait porter atteinte à l’élection doit être déclaré.

Réactions et controverses

Christine Fréchette a d’abord exprimé sa préoccupation face à ces allégations, affirmant que ces informations étaient sérieuses et qu’elle avait contacté le premier ministre canadien Mark Carney pour en discuter. Cependant, elle a ensuite nuancé ses propos, déclarant qu’il n’y avait aucune preuve que ces allégations soient avérées. Le PQ a qualifié cette histoire de mauvais théâtre, suggérant que la CAQ aurait pu diffuser ces informations pour ramener le sujet de Donald Trump dans la campagne électorale. Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ, a même évoqué la possibilité que la CAQ ait coulé ces informations au Journal de Montréal. Aucune preuve ne confirme cette hypothèse. Christine Fréchette a également déclaré que sans la sortie médiatique du Journal de Montréal, elle n’aurait pas abordé ce sujet publiquement, car les questions de sécurité nationale ne font normalement pas l’objet de communications publiques.

Doutes et questions persistantes

Plusieurs questions restent sans réponse. Pourquoi les textes du DARC, initialement considérés comme ayant un simple intérêt médiatique, sont-ils devenus une préoccupation de sécurité nationale une semaine plus tard ? Pourquoi Christine Fréchette n’a-t-elle pas contacté Mark Carney dès le 19 septembre, date à laquelle elle a été informée de l’existence de ces textes ? Son équipe a expliqué que la procédure avait été respectée, mais n’a pas répondu à la question de savoir pourquoi l’équipe de la CAQ avait tenté de convaincre des journalistes d’écrire sur ce sujet dès le 12 septembre, alors que ces textes étaient déjà publics depuis fin 2025 et février 2026. Enfin, Christine Fréchette n’a pas confirmé ni infirmé si c’est la CAQ qui avait transmis ces informations au Journal de Montréal, malgré plusieurs questions à ce sujet.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire survient dans un contexte électoral québécois marqué par des allégations d’ingérence américaine. Depuis le 26 septembre 2026, des questions sont posées sur une supposée *diplomatie secrète* entre le PQ et l’administration Trump, ce que le parti nie catégoriquement. Les médias ont interrogé le PQ à ce sujet, et Paul St-Pierre Plamondon a démenti toute rencontre avec un membre de l’administration Trump. La CAQ, quant à elle, a tenté de mettre en lumière ces textes pour influencer le débat public, tout en les signalant au SCRS comme une menace potentielle. Cette situation illustre les tensions entre liberté de la presse, transparence politique et protection contre les ingérences étrangères, surtout en période électorale.

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