Airbus réussit le premier test en Europe de son futur drone de combat autonome, le « Valkyrie » : avec plus de 5 000 km de portée et une vitesse proche de Mach 1, il accompagnera les Eu
L'U740 Valkyrie vient de réussir son premier vol dans les cieux européens : un baptême de l'air qui signe l'entrée concrète d'Airbus dans le combat aérien autonome, un terrain sur lequel seuls les Américains et les Chinois avaient jusqu’ici posé leurs bottes..
Le projet Valkyrie (U740) est un drone de combat autonome développé par Airbus Defence and Space en collaboration avec l’entreprise américaine Kratos Defense & Security Solutions. Il s’inscrit dans la continuité des Remote Carriers, des aéronefs sans pilote conçus pour appuyer les chasseurs en mission. Ce drone n’est pas le successeur direct du programme SCAF (Future Combat Air System), abandonné en 2025, mais en reprend un volet technologique. Son développement a débuté en juillet 2025, et son premier vol d’essai a eu lieu le 29 septembre 2026 depuis une base non divulguée en Europe du Nord. L’objectif est de proposer une solution européenne souveraine, indépendante des technologies américaines, notamment en matière de logiciels et de systèmes embarqués.
Le Valkyrie mesure 9,1 mètres de long pour une envergure de 8,2 mètres et pèse environ 3 tonnes. Il est propulsé par un turboréacteur à double flux Williams FJ33, capable de lui faire atteindre une vitesse de Mach 0,8 (environ 990 km/h). Son rayon d’action dépasse les 5 000 kilomètres, et il peut voler jusqu’à 45 000 pieds (13 700 mètres). Son lancement s’effectue via une rampe inclinée et une fusée d’appoint, lui permettant de décoller sans piste, depuis un camion, un navire ou un champ. Il est équipé d’une soute à armement interne et de points d’emport sous les ailes, lui permettant d’emporter des bombes guidées GBU-39 SDB ou des mini-drones ALTIUS-600. Ces équipements sont produits respectivement par Boeing et Area-I (filiale d’Anduril Industries).
Le Valkyrie intègre le système MARS (Multi-platform Autonomous Reconfigurable and Secure), développé en interne par Airbus. Ce système agit comme le « cerveau » du drone, gérant ses missions de manière autonome grâce à l’intelligence artificielle. Il permet notamment de coordonner des groupes entiers de drones en opération, tout en garantissant qu’un humain conserve le dernier mot avant tout engagement létal, conformément au droit international. Lors du premier vol, seul le fuselage a été testé ; les prochaines campagnes d’essais, prévues pour le premier trimestre 2027, évalueront les capacités autonomes du drone en conditions réelles. L’objectif est de garantir une souveraineté technologique totale pour les armées européennes, en évitant toute dépendance aux solutions américaines.
Le Valkyrie est présenté comme un complément stratégique aux chasseurs comme l’Eurofighter Typhoon, dont le coût unitaire varie entre 160 et 187 millions d’euros. Le drone, estimé à environ 20 millions d’euros l’unité, offre un rapport coût-efficacité bien supérieur, avec un rayon d’action étendu, une puissance de frappe accrue et une meilleure protection face aux défenses ennemies. Son déploiement est prévu à partir de 2029, prioritairement pour l’armée allemande (Luftwaffe), mais aussi pour d’autres forces européennes. L’Allemagne a déjà validé un plan de réarmement de 9,5 milliards d’euros en juillet 2026, incluant l’acquisition de drones de combat. Le marché potentiel est estimé à plusieurs centaines d’appareils, avec une compétition féroce face au MQ-28 Ghost Bat de Boeing et Rheinmetall, qui vise également à s’imposer comme le standard européen.
Airbus et *Kratos Defence & Security Solutions* visent une mise en service opérationnelle du *Valkyrie* d’ici 2029, avec un calendrier serré pour répondre aux besoins urgents de l’Allemagne, qui s’est fixé l’objectif d’être « prêt pour la guerre » d’ici cette échéance. Les prochaines étapes incluent des tests supplémentaires avec le système *MARS* embarqué, prévus pour le premier trimestre 2027. Le drone doit jouer un rôle clé dans le *combat collaboratif*, en accompagnant les chasseurs en mission et en renforçant leurs capacités. Son design, avec des ailes trapézoïdales et un empennage en V, reflète les standards des drones de combat modernes. La compétition avec les autres modèles européens et américains promet d’être intense pour imposer une technologie comme référence sur le continent.

