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Géopolitique

Corée du Nord : comment s’est passée ta journée au boulot ?

Courrier International · mis à jour il y a 29 j

AU PAYS DE KIM JONG-UN (4/6) – Jin Ju-dong, un ouvrier nord-coréen qui a réussi à fuir son pays pendant la pandémie de Covid-19, décrit une journée de travail type : d’interminables trajets domicile-travail, de petits chefs tyranniques et des chantiers extrêmement dangereux..

Travail non rémunéré

En Corée du Nord, les ouvriers des chantiers subissent des conditions de travail particulièrement dures. Selon un ancien employé, Jin Ju-dong, les journées de travail durent entre douze et treize heures sans que les salariés ne soient payés. Ce phénomène, appelé travail non rémunéré, consiste à exiger des heures supplémentaires non payées, souvent sous la contrainte. Les contremaîtres, qui supervisent les chantiers, n’hésitent pas à utiliser des méthodes violentes, comme des insultes ou des humiliations verbales, pour motiver les équipes. Ces pratiques s’inscrivent dans un système où les droits des travailleurs sont systématiquement bafoués, bien au-delà des normes internationales. Les ouvriers, souvent mobilisés pour des projets publics comme l’agrandissement d’une maison d’édition à Pyongyang en octobre 2015, n’ont aucun recours pour protester contre ces abus.

Déplacements coûteux

Les ouvriers nord-coréens doivent souvent parcourir de longues distances pour se rendre sur les chantiers, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de leur domicile. Contrairement à d’autres pays où les salariés peuvent utiliser leur voiture, la possession d’un véhicule est extrêmement rare en Corée du Nord en raison des restrictions économiques et politiques. Les transports publics sont également peu développés, voire inexistants dans certaines zones rurales. Les travailleurs doivent donc financer eux-mêmes leurs déplacements, ce qui aggrave leur précarité. Par exemple, le centre de formation où travaillait Jin Ju-dong a dû mobiliser son personnel pour un projet à Pyongyang, malgré l’éloignement de la plupart des employés. Cette situation illustre un problème récurrent : l’absence de moyens de transport accessibles et abordables pour les travailleurs.

Contexte politique

Le centre de formation où travaillait Jin Ju-dong dépendait du Bureau d’orientation des constructions étrangères, une structure liée au régime nord-coréen. Les projets qu’il a menés, comme l’agrandissement d’une maison d’édition, étaient directement liés au ministère de la Propagande et de l’Agitation, un organe clé du parti au pouvoir. Ce ministère supervise la diffusion de l’idéologie officielle et contrôle les médias, l’éducation et la culture en Corée du Nord. Les chantiers mobilisés pour ces projets sont donc des outils de propagande, mais aussi des lieux où les droits des travailleurs sont systématiquement ignorés. Le régime nord-coréen, connu pour son isolement et son contrôle strict de la société, utilise ces infrastructures pour renforcer son emprise sur la population.

Ce que ça pourrait changer

Jin Ju-dong, l’auteur du témoignage, a vécu en Corée du Nord avant de fuir le pays. Son récit, publié par *Courrier international*, offre un aperçu rare des conditions de travail dans ce régime. Il décrit un système où les ouvriers, y compris ceux travaillant dans des centres de formation, sont soumis à des pressions extrêmes pour accomplir des tâches souvent inutiles ou mal organisées. Les projets publics, comme l’agrandissement d’une maison d’édition, servent avant tout à servir la propagande du régime plutôt qu’à améliorer les infrastructures. Ce témoignage met en lumière l’absence totale de protections sociales et de droits du travail en Corée du Nord, où les travailleurs n’ont aucun moyen de se défendre contre les abus.

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