Guerre commerciale : le Canada veut protéger son économie
Ottawa impose des contre-tarifs sur des centaines de produits et aide ses travailleurs et ses entreprises..
Le Canada et les États-Unis n’ont pas réussi à s’entendre sur un nouvel accord commercial, malgré des discussions prolongées. Cette situation a poussé le premier ministre canadien Mark Carney à promettre une réponse ferme pour défendre les intérêts économiques du pays. Le gouvernement canadien a donc décidé d’imposer des contre-mesures tarifaires, c’est-à-dire des taxes supplémentaires sur les produits américains importés, afin de protéger les industries locales. Ces mesures visent à limiter l’accès des entreprises américaines au marché canadien et à soutenir la compétitivité des produits fabriqués au Canada. La date d’entrée en vigueur de ces tarifs est fixée au 8 septembre 2026 à minuit.
Le Canada a publié une liste de 874 produits américains qui seront soumis à des contre-tarifs, représentant une valeur totale de 27,6 milliards de dollars. Ces taxes varient selon les catégories de produits : 15 % pour les appareils agricoles, le caoutchouc ou les appareils de ventilation, 25 % pour les véhicules automobiles, les appareils électroménagers ou les fromages, et 50 % pour l’acier, l’aluminium, les produits laitiers, les vêtements ou les produits de beauté. L’objectif est de rendre les produits américains moins attractifs pour les consommateurs canadiens et d’encourager l’achat de produits locaux. Ces mesures visent à répondre aux tarifs américains déjà en place dans ces mêmes secteurs.
Pour atténuer l’impact des tarifs américains et des contre-mesures canadiennes, le gouvernement a annoncé un plan d’aide de 7,5 milliards de dollars. Ce montant inclut 1,5 milliard pour le programme Initiative régionale de réponse tarifaire, qui soutient les petites et moyennes entreprises (PME) en leur offrant des liquidités pour faire face aux coûts supplémentaires. La Banque de développement du Canada (BDC) recevra 500 millions pour son programme Pivoter pour se propulser, tandis que 2 milliards seront alloués au Fonds de diversification pour un Canada fort, destiné aux entreprises touchées par les droits de douane. Le revenu minimal pour accéder à certains programmes de la BDC est réduit à 1 million de dollars.
Sur les 7,5 milliards d’aide, 3,5 milliards sont dédiés au soutien des travailleurs et des employeurs. Cela inclut un prolongement temporaire de l’assurance-emploi pour maintenir le revenu des travailleurs affectés, des investissements dans la formation en milieu de travail, et des améliorations apportées au site GuichetEmplois.gc.ca. Un nouveau programme, Programme de maintien à l’emploi, vise à aider les employeurs à conserver leur main-d’œuvre pendant les périodes difficiles. Enfin, des mesures plus souples sont introduites pour bénéficier du Crédit pour les grandes entreprises touchées par les droits de douane, géré par la Corporation de financement d’urgence d’entreprises du Canada.
Le gouvernement canadien encourage les consommateurs à privilégier les produits locaux pour soutenir l’économie nationale. Mélanie Joly, ministre de l’Industrie, a souligné que les Canadiens disposent d’un pouvoir d’achat qui peut faire la différence. Elle a invité les détaillants à afficher clairement l’origine des produits, notamment ceux en provenance du Québec et du Canada, afin que les consommateurs puissent faire des choix éclairés. Cette mesure vise à réduire la dépendance aux importations américaines et à renforcer la résilience de l’économie canadienne face aux tensions commerciales.

