Les libéraux ne feront pas de cadeaux, dit Milliard
Paul St-Pierre Plamondon devra «démontrer qu’il mérite [la] collaboration» du PLQ, mentionne Charles Milliard..
Charles Milliard, chef désigné de l’opposition officielle au Québec, a pris la parole moins de trois jours après l’élection d’un gouvernement péquiste minoritaire dirigé par Paul Saint-Pierre Plamondon. Il a clairement indiqué que les 40 députés libéraux, dont 23 nouveaux élus, ne resteraient pas passifs face aux actions du gouvernement. Milliard a souligné que leur rôle serait de surveiller et de contester les projets de loi du Parti québécois (PQ), tout en restant ouverts à la collaboration sur certains dossiers prioritaires. Il a notamment mentionné leur intérêt pour les questions d’itinérance et de logement, mais a rejeté l’idée de s’engager sur des sujets comme la suppression du rôle de la lieutenante-gouverneure du Québec, qu’il juge sans importance pour les Québécois.
Charles Milliard a rappelé que les députés libéraux défendront sans compromis des valeurs fondamentales comme la justice sociale, l’équité entre les générations, le respect de l’État de droit, ainsi que l’appartenance à la fois québécoise et canadienne. Il a précisé que si le gouvernement péquiste tente de s’aventurer dans des domaines liés à ces valeurs, l’opposition libérale interviendra pour le dissuader. Cette position s’inscrit dans un contexte où le gouvernement minoritaire du PQ, avec 59 sièges sur 127, aura besoin du soutien d’au moins un autre parti pour faire adopter ses projets de loi. Milliard a également insisté sur le fait que les libéraux joueront un rôle actif dans l’opposition, sans se contenter d’une attitude passive.
Charles Milliard a pointé du doigt une distorsion entre le nombre de votes obtenus par les partis et le nombre de sièges obtenus à l’Assemblée nationale lors des dernières élections. Par exemple, le Parti québécois a obtenu 47 % des sièges avec seulement 28 % des votes, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a eu aucun siège malgré 13 % des votes. Le Parti libéral du Québec (PLQ), quant à lui, a obtenu 32 % des sièges avec 24 % des votes. Pour corriger cette inégalité, Milliard a annoncé que son parti allait étudier des propositions visant à mieux aligner la proportion de votes et la proportion de sièges. Bien que la réforme du mode de scrutin ne figure pas dans leur programme initial, ce dossier est considéré comme prioritaire par les Québécois, qui attendent une représentation fidèle à leur vote.
Charles Milliard a clairement indiqué que les priorités des Québécois ne se situent pas dans des débats identitaires comme celui de la suppression du rôle de la lieutenante-gouverneure, qu’il qualifie de sujet secondaire. Selon lui, les véritables crises actuelles sont celles du logement et de l’itinérance, des enjeux qui touchent directement la population. Il a rappelé que le Québec vit dans un régime parlementaire encadré par une Constitution, ce qui limite les pouvoirs du premier ministre, même en cas de majorité. Milliard a donc mis en garde le gouvernement péquiste contre une focalisation sur des dossiers qu’il juge artificiels, tout en se disant prêt à collaborer sur des sujets concrets comme le logement, où des solutions sont attendues par les citoyens.

