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Géopolitique

Coupe du monde : “lisse” et “surchargé”, le concert de la mi-temps n’a pas fait l’unanimité

Courrier International · mis à jour il y a 17 j

C’était une grande première pour la Fifa : l’organisation d’un concert pendant la mi-temps de la finale Espagne-Argentine, dimanche, sur le modèle de la finale du Super Bowl américain. Si les stars étaient au rendez-vous, elles n’ont pas pu sauver un spectacle “cacophonique”, selon la presse internationale..

Spectacle historique

Pour la première fois dans l’histoire des finales de la Coupe du monde, un spectacle de mi-temps a été organisé lors de l’édition 2026, qui s’est tenue le 19 juillet 2026 au MetLife Stadium d’East Rutherford (New Jersey, États-Unis). Ce concert a duré un peu plus de onze minutes et a prolongé la pause entre les deux mi-temps à 27 minutes et 22 secondes, ce qui en fait la mi-temps la plus longue jamais enregistrée lors d’une finale de Coupe du monde. La FIFA, organe dirigeant du football mondial, a choisi cette formule pour transformer la finale en un événement culturel global, mêlant sport et divertissement. Cependant, cette décision a suscité des débats, car le règlement de l’International Football Association Board (IFAB) limite normalement les interruptions à 15 minutes maximum pour les joueurs. Le spectacle a réuni des artistes internationaux comme Madonna, Shakira, BTS, Chris Martin de Coldplay, ainsi que des légendes du football comme Ronaldo et Ronaldinho, créant un mélange entre musique pop et culture sportive.

Structure du spectacle

Le concert de la mi-temps a débuté par un segment préenregistré, tourné dans les couloirs souterrains du stade, avant l’arrivée de Madonna, juchée sur une Jeep conduite par les anciens footballeurs brésiliens Ronaldo et Ronaldinho. Son intervention, accompagnée de son tube Music des années 2000 aux paroles unificatrices (« music makes the people come together », soit « la musique rassemble les gens »), a marqué le ton du spectacle : lisse, optimiste et centré sur des valeurs comme l’amour et la tolérance. Le reste du concert a enchaîné les performances musicales à un rythme effréné, avec des artistes comme Gustavo Dudamel, Burna Boy, un chœur d’enfants, les Muppets, Justin Bieber présenté par Jason Sudeikis (alias Ted Lasso dans la série éponyme), et Shakira. L’ensemble a été jugé surchargé par certains médias, comme Billboard, qui a souligné l’absence de subtilité dans les transitions entre les artistes. À la fin, tous les participants se sont rassemblés sur une immense toile déployée sur la pelouse, formant le mot LOVE en lettres géantes, tandis que des feux d’artifice clôturaient le spectacle.

Réactions contrastées

Les réactions au spectacle ont été partagées. Certains médias, comme Variety, ont salué l’énergie et l’ambition du concert, estimant qu’il a fourni le « coup d’adrénaline » nécessaire pour maintenir l’attention des 80 000 spectateurs présents et des millions de téléspectateurs après une mi-temps sans but. D’autres, comme Page Six, ont critiqué la cacophonie et les transitions étranges entre les artistes, qualifiant le résultat de « mauvais mélange d’énergies ». Billboard a souligné que l’objectif de la FIFA était atteint : créer un moment mémorable, même si la subtilité n’avait pas sa place. Le magazine musical a aussi noté que la durée totale de la mi-temps (27 minutes et 22 secondes) était la plus longue de l’histoire du Mondial, un choix qui a divisé les puristes du football et les amateurs de divertissement. Enfin, Le Soir a relevé que l’ambition de la FIFA était claire : faire de la finale un événement culturel planétaire, au risque de brouiller les frontières entre sport et spectacle.

Ce que ça pourrait changer

Le spectacle de la mi-temps s’est inscrit dans un contexte politique et culturel complexe pour cette Coupe du monde 2026 aux États-Unis. *Le Soir* a rappelé que l’avant-match avait déjà donné le ton avec l’intervention de l’acteur Tom Cruise, invitant à célébrer l’unité du monde à travers le football. Cependant, le quotidien belge a souligné que cette unité était mise à mal par des tensions géopolitiques, comme les ingérences de l’ancien président américain Donald Trump dans l’organisation de la compétition, les difficultés rencontrées par certaines équipes pour entrer aux États-Unis en raison du *travel ban* (une politique restrictive d’entrée sur le territoire), et les frappes militaires entre l’Iran et les États-Unis. *Courrier international* a ironisé sur cette contradiction, notant que malgré les efforts pour promouvoir un message d’ouverture, la réalité géopolitique contrastait avec l’image idyllique projetée par le spectacle.

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