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CANCER : ce traitement non invasif par ondes sonores semble sûr, pourtant 11 % des patients en sont morts dans les 30 jours

Science & Vie · mis à jour il y a 6 j

Détruire une tumeur sans ouvrir le corps, par de simples ondes sonores, tient du rêve. Sauf qu'un geste parfaitement maîtrisé ne change pas toujours le destin d'un malade.

L'histotripsie, une technique innovante

L'histotripsie est une méthode médicale récente qui utilise des ondes sonores (ultrasons de haute intensité) pour détruire des cellules cancéreuses sans recourir à la chirurgie. Contrairement aux traitements traditionnels comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, cette technique ne nécessite pas d'incision, ce qui réduit les risques d'infection et accélère la récupération. Les ultrasons focalisés (HIFU, pour High-Intensity Focused Ultrasound) sont dirigés avec précision vers la tumeur, provoquant une destruction localisée des tissus malades. Cette approche est particulièrement prometteuse pour les patients dont la tumeur est difficile d'accès ou trop fragile pour une intervention chirurgicale classique. Cependant, son efficacité dépend de l'état général du patient et de l'avancement de la maladie.

Un taux de mortalité élevé

Malgré les avantages de l'histotripsie, une étude révèle que 11 % des patients traités par cette méthode sont décédés dans les 30 jours suivant l'intervention. Ce chiffre, bien que préoccupant, ne signifie pas que la technique est dangereuse en soi. En réalité, ces décès sont majoritairement liés à la gravité initiale du cancer chez ces patients. Les tumeurs trop avancées ou métastasées (c'est-à-dire ayant diffusé dans d'autres organes) laissent peu de chances de survie, même avec des traitements innovants. L'histotripsie, comme tout autre traitement, ne peut pas inverser une maladie déjà trop étendue. Les chercheurs soulignent que cette méthode reste sûre pour les cas où elle est adaptée, mais elle n'est pas une solution miracle pour les cancers en phase terminale.

Des résultats contrastés selon les cas

Les données montrent que l'histotripsie a permis une destruction efficace des tumeurs chez de nombreux patients, avec des effets secondaires limités. Cependant, son succès varie considérablement selon le stade du cancer. Pour les patients dont la maladie est localisée (c'est-à-dire limitée à un organe ou une zone précise), les résultats sont souvent positifs, avec une amélioration de la qualité de vie et une réduction des symptômes. En revanche, pour ceux dont le cancer a déjà métastasé ou progresse rapidement, l'histotripsie ne suffit pas à prolonger significativement la survie. Les médecins insistent sur l'importance d'évaluer soigneusement l'état de chaque patient avant de proposer ce traitement, afin d'éviter des interventions inutiles ou inefficaces.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les limites mises en lumière par cette étude, l'histotripsie reste une piste sérieuse pour le traitement des cancers, notamment ceux qui résistent aux méthodes conventionnelles. Les chercheurs continuent d'affiner cette technique, en combinant par exemple l'histotripsie avec d'autres thérapies comme l'immunothérapie ou la chimiothérapie. L'objectif est d'élargir son champ d'application et d'améliorer ses résultats pour les patients dont le cancer est à un stade moins avancé. À ce jour, cette méthode est encore en phase d'évaluation, et son utilisation reste encadrée par des protocoles stricts pour garantir la sécurité des patients. Les avancées futures dépendront des résultats d'essais cliniques supplémentaires et de l'amélioration des technologies utilisées.

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