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Le Québec entre en campagne électorale sous le signe des tarifs douaniers

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 3 j

Les chefs des cinq principaux partis politiques ont pris la route jeudi à la rencontre des électeurs..

Déclenchement élections Québec

Le Québec est entré en campagne électorale officielle pour une durée de 39 jours, jusqu’au scrutin du 5 octobre 2026. La première ministre sortante, Christine Fréchette, a officiellement demandé à la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte de dissoudre l’Assemblée nationale, marquant le début des élections générales. Cette dissolution intervient après 8 ans de gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ), dirigée par François Legault jusqu’en 2026. La CAQ détenait alors 79 sièges sur 125, devant le Parti libéral du Québec (PLQ) avec 18 sièges, Québec solidaire (QS) avec 11 sièges, le Parti québécois (PQ) avec 7 sièges, et le Parti conservateur du Québec (PCQ) avec 1 siège. Deux sièges supplémentaires ont été ajoutés en raison d’un nouveau redécoupage électoral en 2026. Les partis ont désormais jusqu’au 5 octobre pour convaincre les électeurs, avec des promesses économiques et sociales au cœur des débats.

Guerre tarifaire avec Trump

Dès le premier jour de campagne, les cinq principaux partis politiques du Québec ont centré leurs discours sur la guerre tarifaire déclenchée par le président américain Donald Trump. Christine Fréchette (CAQ) a présenté Trump comme un adversaire direct, évoquant une tempête économique à affronter, tandis que Paul St-Pierre Plamondon (PQ) a souligné que cette question serait déterminante pour les électeurs. Charles Milliard (PLQ) a critiqué la stratégie de la CAQ, accusant Fréchette de tenter de faire peur avec les tarifs douaniers américains. Ruba Ghazal (QS) a reconnu l’inquiétude des Québécois face à cette situation, notamment sur le coût de la vie. Éric Duhaime (PCQ) a, quant à lui, opposé l’espoir à la peur, accusant les autres partis de miser sur la crainte de Trump pour mobiliser les électeurs.

Débuts des campagnes partisanes

Les partis ont lancé leurs campagnes avec des stratégies distinctes. Le PLQ a débuté sa tournée dans la région de la Capitale-Nationale, promettant notamment de poursuivre les études sur le troisième lien (un projet d’infrastructure routière controversé à Québec) et de réduire l’impôt des petites et moyennes entreprises (PME). Christine Fréchette (CAQ) a visité la Côte-du-Sud et Rivière-du-Loup, tout en prenant ses distances avec l’héritage de François Legault, son prédécesseur. Paul St-Pierre Plamondon (PQ) a lancé sa campagne à Montréal, critiquant le bilan de la CAQ et défendant l’idée que le PQ est prêt à gouverner. Québec solidaire (QS) a démarré dans le Vieux-Port de Montréal, mettant en avant ses priorités comme le logement, le transport en commun et la redistribution des richesses. Éric Duhaime (PCQ) a choisi Bellechasse pour son lancement, promettant de baisser les impôts des entreprises s’il était élu.

Candidats et controverses

Le PQ a présenté plusieurs candidats, dont Christian Savard dans Taschereau (remplaçant Vincent Marissal, exclu la veille pour des raisons éthiques) et Nicolas Girard dans Repentigny. Le parti a aussi officialisé Julie Guyot dans Chambly et Jocelyn Caron dans Orford. La CAQ a désigné Jessika Gardner pour tenter de conserver Saint-Hyacinthe. Des controverses ont marqué le début de la campagne : le PQ a dû justifier les propos controversés d’un de ses candidats, François Gariépy, qui avait utilisé le mot squaw dans un balado en 2022 pour parler de femmes autochtones. Le PLQ a exclu son candidat Étienne Pineau Saindon pour des allégations personnelles, une décision prise avant le début officiel de la campagne.

Promesses et cadre financier

Christine Fréchette (CAQ) a annoncé que son parti dévoilerait son cadre financier dans les prochains jours, détaillant les coûts de ses promesses électorales. Elle a invité les autres partis à faire de même rapidement. Le PLQ a promis de ne pas réduire les budgets en santé, éducation et culture, tout en proposant des baisses d’impôts pour les PME. Québec solidaire a réitéré ses priorités, comme la lutte contre la hausse du coût de la vie et l’indépendance du Québec. Le PCQ, mené par Éric Duhaime, mise sur une baisse générale des impôts pour séduire les électeurs. Les partis devront maintenant chiffrer leurs engagements pour permettre aux électeurs d’évaluer leur faisabilité.

Ce que ça pourrait changer

Cette élection de 2026 se déroule dans un contexte marqué par des tensions économiques avec les États-Unis, notamment en raison des tarifs douaniers imposés par Donald Trump. Les partis doivent aussi faire face à des défis internes, comme les controverses autour de certains candidats ou les critiques sur la gestion passée. La région de Québec, avec des circonscriptions clés comme Trois-Rivières ou la Capitale-Nationale, pourrait jouer un rôle décisif dans le scrutin. Les électeurs devront choisir entre des visions opposées : protectionnisme économique, réduction des impôts, ou priorité aux services publics. La campagne s’annonce serrée, avec cinq partis majeurs en lice pour former le prochain gouvernement.

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