À la table de Victor Hugo
“Lire, c’est boire et manger”, écrit Victor Hugo. Les Bonnes Choses prennent place à la table de l’auteur pour explorer ses goûts, ses habitudes et ses fringales, et découvrir ce que la cuisine révèle de l’homme derrière l’écrivain..
Victor Hugo, célèbre écrivain et poète français du XIXe siècle, est aussi connu pour sa passion pour la cuisine. L'article révèle que l'auteur considérait la lecture comme une forme de nourriture, affirmant que « Lire, c’est boire et manger ». Cette métaphore souligne l'importance qu'il accordait à l'alimentation, non seulement comme un besoin vital, mais aussi comme un plaisir et un vecteur de convivialité. Son appétit légendaire, souligné par le critique Sainte-Beuve, qui le comparait à un « estomac » parmi les plus grands de la nature, illustre cette fascination. Cette dimension méconnue de sa personnalité permet de mieux comprendre l'homme derrière l'œuvre, en révélant ses goûts, ses habitudes et son rapport aux autres à travers la table.
La cuisine et les repas occupent une place particulière dans l'œuvre de Victor Hugo. L'alimentation y est tantôt synonyme de plaisir et de partage, tantôt associée à la faim et à la misère, reflétant les contrastes de son époque. Par exemple, dans Les Misérables, la nourriture est un symbole de dignité pour des personnages comme Jean Valjean, tandis que la faim rappelle les inégalités sociales. Cette dualité montre comment Hugo utilisait la table comme un miroir de la société. Les scènes de repas dans ses romans ne sont pas anodines : elles révèlent les tensions, les émotions et les valeurs de ses personnages, tout en offrant un aperçu de la vie quotidienne au XIXe siècle.
Florian V. Hugo, arrière-arrière-arrière petit-fils de l'écrivain, partage une recette inspirée des traditions culinaires familiales : la Volailles de ferme en crapaudine. Cette technique consiste à aplatir une volaille pour la cuire uniformément, en la badigeonnant d'une huile infusée à l'ail et au romarin. La recette inclut également une fondue d'oignons rouges et une sauce à la diable, une sauce épicée à base de vin blanc, de glace de volaille, de citron et de sauce Worcestershire. Florian Hugo explique que cette recette illustre l'importance des repas en famille chez les Hugo, où la cuisine était un moyen de transmettre des valeurs et des souvenirs. La préparation, détaillée dans l'article, met en avant des techniques comme le déglaçage (ajout de liquide pour récupérer les sucs de cuisson) et l'utilisation de glace de volaille (un fond de sauce concentré).
L'article situe les habitudes alimentaires de Victor Hugo dans le contexte du XIXe siècle, une période marquée par des contrastes sociaux forts. La cuisine, à l'époque, était un marqueur de classe : les repas des riches, comme Hugo, étaient souvent somptueux, tandis que les plus pauvres souffraient de la faim. Cette époque a vu émerger des débats sur la nutrition et la pauvreté, thèmes que Hugo a explorés dans ses œuvres. Par exemple, la glace de volaille ou la sauce Worcestershire étaient des ingrédients accessibles aux classes aisées, reflétant leur statut. L'article souligne ainsi comment la table de Hugo était à la fois un lieu de plaisir et un reflet des inégalités de son temps.
Plusieurs experts et descendants de Victor Hugo participent à l'émission Les Bonnes Choses pour éclairer ses habitudes alimentaires. Jean-Marc Hovasse, professeur de littérature française à la Sorbonne et directeur de recherches au CNRS, apporte un éclairage académique sur l'œuvre de Hugo et son rapport à la cuisine. Caroline Nobile, gérante du café Papapa à la Maison de Victor Hugo et cofondatrice des éditions délicieuses, partage des anecdotes sur les repas de l'écrivain et leur lien avec son quotidien. Florian V. Hugo, chef et descendant de l'auteur, propose une recette familiale et explique comment la cuisine a traversé les générations dans sa famille. Ces intervenants offrent des perspectives complémentaires : historique, culinaire et familiale.
Pour approfondir le sujet, l'article propose plusieurs ressources. Le café *Papapa*, situé à la Maison de Victor Hugo à Paris (6 Place des Vosges), permet de découvrir l'univers culinaire de l'écrivain. Le film *Les Misérables*, réalisé par Fred Cavayé et sorti en salles le 14 octobre 2026, ainsi que la pièce de théâtre *Ruy Blas* mise en scène par Julie Duclos à la Comédie-Française du 15 octobre 2026 au 27 janvier 2027, offrent des représentations littéraires et scéniques de l'époque de Hugo. Enfin, la comédie musicale *Les Misérables*, mise en scène par Ladislas Chollat et de retour au théâtre du Châtelet, complète ces explorations artistiques. Ces œuvres permettent de replacer les habitudes alimentaires de Hugo dans un cadre culturel plus large.

