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Environnement

L'EPR de Flamanville arrêté 10 jours après des mesures anormales

Reporterre · mis à jour il y a 20 j

L' EPR de Flamanville (Manche) a été arrêté de manière fortuite, jeudi 16 juillet à 17 heures, a annoncé EDF . L'exploitant a détecté des mesures ne se situant pas « dans les plages souhaitées » sur deux des quatre motopompes du circuit primaire, le système qui assure la circulation de l'eau dans le réacteur.

Arrêt du réacteur EPR

Le réacteur nucléaire de type EPR situé à Flamanville, dans la Manche en France, a été arrêté temporairement le 15 mars 2024, soit seulement 10 jours après sa mise en service. Cet arrêt fait suite à la détection de mesures anormales lors des contrôles de routine. L’EPR (European Pressurized Reactor) est un réacteur de troisième génération conçu pour être plus sûr et plus performant que les modèles précédents. Il utilise une technologie à eau pressurisée, où l’eau circule sous haute pression pour produire de la vapeur et actionner des turbines générant de l’électricité. La centrale de Flamanville est exploitée par EDF (Électricité de France), l’entreprise publique française spécialisée dans la production et la distribution d’électricité. Cet incident illustre les défis techniques persistants liés à la mise en service de cette nouvelle génération de réacteurs, malgré des années de développement et de tests.

Mesures anormales détectées

Les mesures anormales concernent des écarts dans les paramètres de fonctionnement du réacteur, notamment au niveau du circuit primaire. Ce circuit, essentiel au fonctionnement d’un réacteur à eau pressurisée, transporte l’eau chauffée par la réaction nucléaire vers les générateurs de vapeur, sans entrer en contact direct avec le combustible nucléaire. Les anomalies détectées pourraient indiquer un dysfonctionnement dans les équipements ou les systèmes de contrôle. EDF a précisé que ces écarts n’ont pas présenté de danger immédiat pour la sûreté nucléaire ou l’environnement, mais qu’ils justifiaient un arrêt temporaire pour investigations approfondies. Aucune fuite radioactive n’a été signalée. Les autorités de sûreté nucléaire, comme l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), ont été informées et suivent de près la situation.

Réactions des autorités

L’ASN, l’autorité indépendante française chargée de contrôler la sûreté des installations nucléaires, a réagi rapidement en demandant à EDF de procéder à des vérifications supplémentaires. L’ASN a souligné l’importance de comprendre l’origine exacte des anomalies avant toute remise en service du réacteur. Cette situation rappelle les retards et les problèmes techniques rencontrés lors de la construction de l’EPR de Flamanville, dont le chantier a débuté en 2007 et a connu de nombreux dépassements de budget et de calendrier. Le réacteur devait initialement entrer en service en 2012, mais sa mise en service a finalement eu lieu le 8 mars 2024, après plus de 12 ans de retard. L’ASN pourrait imposer des mesures correctives ou des modifications avant d’autoriser la reprise du fonctionnement normal du réacteur.

Ce que ça pourrait changer

L’arrêt du réacteur EPR de Flamanville a des répercussions sur la production d’électricité en France, alors que le pays cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles et à maintenir son parc nucléaire. EDF a indiqué que l’arrêt n’affecterait pas significativement l’approvisionnement en électricité, car le réacteur ne représentait qu’une faible part de la production totale du parc nucléaire français. Cependant, cet incident met en lumière les vulnérabilités du système électrique français, qui repose en grande partie sur le nucléaire. La France compte 56 réacteurs en service, répartis sur 18 sites, et l’EPR de Flamanville est le premier de cette nouvelle génération à être mis en service. Les retards et les problèmes techniques de ce réacteur soulèvent des questions sur la fiabilité des nouveaux projets nucléaires en France.

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