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Géopolitique

Le FMI met en garde contre l’état critique des dettes publiques des pays riches

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

La croissance mondiale a résisté à la guerre en Iran, grâce aux investissements, notamment dans l’intelligence artificielle. Mais l’endettement des pays riches, l’épuisement des réserves stratégiques de pétrole et l’accélération de l’inflation assombrissent les perspectives de l’économie, estime le Fonds monétaire international dans un rapport publié ce mardi 13 octobre..

FMI alerte sur les dettes

Le Fonds monétaire international (FMI), une institution spécialisée des Nations unies chargée de veiller à la stabilité économique mondiale, publie un rapport le 13 octobre 2026 mettant en garde contre l'état critique des dettes publiques des pays riches. Selon l'institution, ces pays doivent prendre des décisions urgentes pour assainir leurs finances publiques, c'est-à-dire réduire leurs dépenses excessives ou augmenter leurs revenus pour éviter une crise. Le FMI souligne que les déficits budgétaires, qui représentent la différence entre les dépenses et les recettes de l'État, sont les plus importants depuis la pandémie de Covid-19. Par exemple, en Chine et aux États-Unis, le déficit atteint 8 % du Produit intérieur brut (PIB), un indicateur qui mesure la valeur totale des biens et services produits dans un pays. Cette situation s'explique par des dépenses accrues et des recettes en baisse, notamment en raison de la hausse des taux d'intérêt et de la baisse des revenus fiscaux.

Croissance mondiale en ralentissement

Malgré une croissance mondiale résiliente, c'est-à-dire capable de résister aux chocs économiques, le FMI anticipe un ralentissement progressif. La croissance du PIB mondial est estimée à 3,1 % en 2026 et 3,4 % en 2027, contre 3 % et 3,7 % pour les pays émergents et en développement. En revanche, pour les pays avancés comme les États-Unis, l'Allemagne ou la France, la croissance devrait chuter à 2,1 % en 2026 et 1,8 % en 2027, contre 3,7 % et 4,4 % pour les pays émergents. Cette différence s'explique par un endettement plus élevé et une inflation plus forte dans les pays riches. La cheffe économiste du FMI, Silvana Tenreyro, a déclaré lors d'une conférence de presse à Bangkok que « l'économie mondiale a fait preuve de résilience, mais cette résilience atteint ses limites ».

Inflation et réserves pétrolières

L'inflation, qui correspond à la hausse générale des prix des biens et services, s'accélère dans les pays riches, ce qui complique la situation économique. Le FMI souligne également l'épuisement des réserves stratégiques de pétrole, c'est-à-dire les stocks de pétrole détenus par les États pour faire face à des crises. Ces deux facteurs, combinés à un endettement élevé, assombrissent les perspectives économiques. Les pays riches doivent donc agir rapidement pour éviter une dégradation de leur situation financière. Le rapport du FMI insiste sur la nécessité de réduire les dépenses publiques et de trouver de nouvelles sources de revenus pour stabiliser leurs finances.

Ce que ça pourrait changer

Le FMI indique que l'endettement des pays avancés atteindra 5,2 % du PIB en 2026, un niveau historiquement élevé. Cette dette publique, qui correspond à l'ensemble des emprunts contractés par un État, est jugée insoutenable à long terme. Pour les pays riches, cela signifie qu'ils doivent soit augmenter leurs recettes (par exemple en augmentant les impôts), soit réduire leurs dépenses (par exemple en diminuant les budgets sociaux ou les investissements publics). Le FMI appelle à des mesures urgentes pour éviter une crise de la dette, qui pourrait entraîner une hausse des taux d'intérêt et une baisse de la croissance économique. Les pays émergents, en revanche, bénéficient d'une croissance plus dynamique et d'un endettement moins élevé.

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