L’Iran multiplie les attaques dans le détroit d’Ormuz
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Depuis le 28 février 2026, une guerre oppose l'Iran à une coalition internationale incluant les États-Unis. Ce conflit a des répercussions majeures sur les routes maritimes du Moyen-Orient, notamment dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, deux passages obligés pour le transport maritime mondial. Ces détroits sont des zones géographiques étroites où transitent chaque jour des centaines de navires, dont des pétroliers transportant du pétrole brut et des produits raffinés comme le diesel. Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman, est particulièrement stratégique : il concentre environ 20 % du trafic pétrolier mondial. Les attaques menées par l'Iran depuis le début de la guerre visent principalement des navires marchands, avec 103 incidents recensés à ce jour. Ces attaques ont pour objectif de perturber les flux commerciaux et d'exercer une pression économique, notamment sur les exportations de pétrole iranien ou celles des pays voisins.
Depuis le début du mois d'octobre 2026, les attaques iraniennes contre les navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz ont fortement augmenté. L'Office des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO), un organisme lié à la Royal Navy britannique, a enregistré 23 attaques au cours des deux premières semaines d'octobre, un rythme inédit depuis le début de la guerre. Ces attaques ont causé le naufrage de deux navires émiratis entre le 13 et le 14 octobre : le porte-conteneurs GFS Pride, touché par un projectile inconnu, et le vraquier Cape Dao, endommagé trois semaines plus tôt. Ces naufrages sont les premiers dans cette zone depuis mars 2026, date à laquelle le Safeen Prestige, un navire maltais, avait été frappé près des côtes d'Oman. Les responsables iraniens justifient ces actions par la volonté de contrer les restrictions imposées par les États-Unis et leurs alliés, tout en ciblant les navires jugés en violation de ces mesures.
Les attaques répétées dans le détroit d'Ormuz perturbent gravement le commerce maritime international. Plusieurs super-pétroliers ont été contraints de faire demi-tour pour éviter la zone, ce qui ralentit les exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient. Cette situation menace la stabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux, alors que la demande en pétrole reste élevée. Les flux pétroliers avaient connu une hausse fin septembre 2026, mais les tensions actuelles pourraient inverser cette tendance. Les attaques iraniennes s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à influencer les marchés énergétiques, notamment en amont des élections de mi-mandat aux États-Unis. L'Iran cherche ainsi à affaiblir l'administration américaine en faisant monter les prix de l'essence, qui ont déjà augmenté de 9,1 % en septembre 2026 aux États-Unis, la plus forte hausse depuis mars (+21,2 %).
Face à cette crise, les États-Unis et leurs alliés tentent de stabiliser les marchés énergétiques. Le président américain a annoncé le 9 octobre 2026 un accord avec la Russie pour injecter 300 000 tonnes de diesel sur le marché mondial. Parallèlement, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a décidé de libérer 100 millions de barils de pétrole de ses réserves d'urgence, dont plus de 20 millions de barils de gazole. Depuis le début de la guerre, 330 millions de barils sur les 400 millions initialement prévus ont déjà été mis sur le marché, ce qui représente la plus grande libération de réserves depuis la création de l'AIE en 1974. Cependant, les États-Unis ont exercé des pressions pour que cette libération soit encore augmentée, montrant l'urgence de la situation. Ces mesures visent à atténuer l'impact des attaques iraniennes sur les prix de l'énergie et à sécuriser les approvisionnements.
L'Iran a modifié ses tactiques depuis le début du mois d'octobre 2026 pour intensifier ses attaques contre les navires commerciaux. Selon des responsables iraniens, ces actions visent à contrer les efforts de l'administration Trump pour faire baisser les cours mondiaux du pétrole, une stratégie perçue comme une tentative de manipulation des marchés en faveur des États-Unis. En ciblant les navires transportant du pétrole ou des produits raffinés, l'Iran cherche à fragiliser l'économie mondiale et à affaiblir la position des États-Unis sur la scène internationale. Cette escalade survient dans un contexte où les tensions régionales restent élevées, avec des opérations militaires américaines en Iran ayant eu lieu jusqu'au début septembre 2026. Les attaques actuelles pourraient ainsi s'inscrire dans une logique de pression maximale avant les élections américaines de mi-mandat, prévues en novembre 2026.

