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Être rejeté par les autres fait mal : aider enfants et ados à rebondir quand ils sont mis de côté

The Conversation France · mis à jour il y a 9 j

Les adolescents sont hypersensibles au rejet. cottonbro studio/Pexels L’ESSENTIEL - L’été est une période où les enfants et les adolescents participent à de nouvelles activités et rencontrent de nouveaux groupes.

Rejet et douleur

Le rejet social, comme celui subi à l’école ou dans des activités extrascolaires, peut provoquer une souffrance comparable à une douleur physique. Des études en neurosciences, comme celle publiée dans Science en 2011 (DOI: 10.1126/science.1089134), montrent que le cerveau active les mêmes zones lors d’un rejet que lors d’une blessure corporelle. Cette souffrance émotionnelle s’accompagne souvent d’un sentiment d’exclusion et d’une remise en question de sa propre valeur. Les enfants et adolescents peuvent vivre cette expérience lors de refus pour des rôles importants (théâtre, sport, orchestre), des invitations à des événements, ou des admissions dans des programmes scolaires ou universitaires. Pour les parents, assister à cette détresse est difficile, mais il existe des moyens d’aider leur enfant à surmonter ce moment.

Conséquences du rejet

Le rejet a des répercussions qui dépassent la simple déception. Il peut affecter les relations proches, le statut social au sein d’un groupe de pairs, et même la réussite scolaire ou professionnelle. Par exemple, un adolescent non retenu dans une équipe sportive peut perdre des occasions de socialiser avec ses amis qui y participent. Les enfants confrontés pour la première fois au rejet peuvent avoir du mal à identifier et gérer leurs émotions négatives, comme la colère ou l’inquiétude. Les adolescents, en raison des changements neurophysiologiques liés à la puberté, sont particulièrement sensibles au rejet. Les réseaux sociaux amplifient aussi ce sentiment, en exposant les jeunes à des images de vies «parfaites» et de réussites «impressionnantes» qui peuvent renforcer un sentiment d’exclusion.

Résilience et adaptation

Le rejet, bien que douloureux, peut être une opportunité d’apprendre à développer des stratégies d’adaptation. Des compétences comme l’acceptation, l’auto-compassion, la définition d’objectifs réalistes et le compromis renforcent la résilience et aident à mieux gérer le stress. Ces capacités sont utiles tout au long de la vie. Les parents peuvent aider leur enfant à transformer cette expérience en une leçon constructive. Il est important de ne pas voir le rejet comme une fin en soi, mais comme un contretemps temporaire qui permet de grandir. Des études en psychologie, comme celle publiée dans Psychological Science en 2023 (DOI: 10.1037/pspi0000471), soulignent que ces compétences protègent contre les effets négatifs du stress à long terme.

Reconnaître les émotions

Après un rejet, les enfants et adolescents peuvent réagir de manière intense, avec des émotions comme la tristesse, la colère ou l’anxiété. Les préadolescents, moins habitués à ces situations, peuvent avoir besoin de temps pour se calmer avant de pouvoir en parler. Certains préfèrent rester seuls, ce qui est normal. Les adolescents, eux, ont souvent développé des stratégies pour gérer ces émotions, comme identifier ce qu’ils ont appris ou s’adonner à des activités pour chasser les pensées négatives. Cependant, il est essentiel pour les parents de reconnaître et valider ces sentiments, même s’ils semblent pessimistes. Une étude publiée dans Child and Youth Care Forum en 2025 (DOI: 10.1007/s10566-025-09820-0) montre que cette écoute attentive aide les jeunes à mieux traverser cette épreuve.

Utiliser des récits inspirants

Les parents peuvent aider leur enfant à relativiser le rejet en partageant des histoires, qu’il s’agisse de leurs propres expériences ou de celles de personnalités célèbres, de livres ou de films que l’enfant apprécie. Ces récits servent de repères pour rebondir après un échec. Par exemple, raconter comment un artiste ou un sportif a surmonté un refus peut montrer que ces expériences font partie d’un parcours normal. Une étude publiée dans Journal of Psychiatric and Mental Health Nursing en 2023 (DOI: 10.1111/jpm.13008) souligne que ces histoires aident à donner un sens au rejet et à envisager l’avenir avec plus d’optimisme.

Éviter l’auto-accusation

Face à un rejet, il est tentant de chercher des raisons ou des coupables, comme un professeur injuste ou un manque d’effort de l’enfant. Certains parents peuvent aussi tomber dans l’auto-accusation, ce qui aggrave la souffrance de l’enfant. Plutôt que de se concentrer sur les reproches, il est préférable d’aider l’enfant à se tourner vers l’avenir. Encouragez-le à réfléchir aux opportunités à venir, à définir de nouveaux objectifs et à tirer des leçons de cette expérience. Une étude publiée dans Journal of Personality en 2009 (DOI: 10.1111/j.1745-6924.2009.01158.x) montre que cette approche réduit le risque de baisse de l’estime de soi et favorise une vision constructive du rejet.

Ce que ça pourrait changer

Après un rejet, il est naturel de vouloir s’isoler. Cependant, encourager l’enfant à rester en contact avec sa famille et ses amis est essentiel pour retrouver confiance en lui et se sentir à sa place. Passer du temps avec d’autres personnes aide à atténuer la souffrance émotionnelle, qui, comme une blessure physique, a besoin de temps pour guérir. Une étude publiée dans *Journal of Abnormal Child Psychology* en 2016 (DOI: 10.1007/s10802-016-0127-y) montre que le soutien social réduit les effets négatifs du rejet et favorise la résilience. Expliquer à l’enfant que sa souffrance est temporaire peut l’aider à mieux comprendre ce qu’il ressent.

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