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Environnement

« 45 °C sous les tentes » : Israël restreint l'accès des Palestiniens à l'eau et à la fraîcheur en pleine canicule

Reporterre · mis à jour il y a 17 j

Alors que la bande de Gaza suffoque sous une chaleur de plomb, Israël empêche les Palestiniens de se rafraîchir. Humanitaires et experts dénoncent un « apartheid environnemental », qui vise à rendre la Palestine invivable.

Canicule extrême à Gaza

En été 2023, la bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus israélien, subit des températures dépassant 45 °C sous les tentes des camps de déplacés. Cette situation s’inscrit dans un contexte de canicule intense qui frappe l’ensemble de la région, aggravant les conditions de vie déjà précaires des Palestiniens. Les tentes, souvent utilisées pour abriter les familles déplacées par les conflits, offrent une protection minimale contre la chaleur, sans isolation thermique ni ventilation suffisante. Les déplacés, dont certains vivent dans ces conditions depuis des années, subissent ainsi des températures bien supérieures aux moyennes saisonnières, qui dépassent généralement les 35 °C dans cette zone méditerranéenne.

Restrictions israéliennes

Israël, qui contrôle une grande partie des ressources en eau de la région, impose des restrictions strictes à l’accès des Palestiniens à l’eau potable, notamment dans la bande de Gaza. Ces restrictions s’appliquent aussi bien aux quantités distribuées qu’aux infrastructures permettant d’acheminer l’eau vers les populations. Par exemple, les Palestiniens de Gaza n’ont accès qu’à environ 80 litres d’eau par personne et par jour, un chiffre bien en dessous des 100 litres recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour couvrir les besoins de base. Ces limitations aggravent la crise humanitaire, surtout en période de canicule où les besoins en hydratation et en refroidissement augmentent considérablement.

Impact sur les infrastructures

Les infrastructures palestiniennes, déjà fragilisées par des décennies de conflits et de blocus, peinent à fournir des solutions adaptées à la chaleur extrême. Les réseaux d’eau et d’électricité sont souvent endommagés ou sous-dimensionnés, ce qui limite leur capacité à répondre aux besoins urgents. Par exemple, les coupures d’électricité fréquentes, pouvant durer jusqu’à 12 heures par jour, empêchent l’utilisation de climatiseurs ou de ventilateurs, aggravant encore les souffrances des habitants. De plus, les systèmes de stockage et de distribution d’eau, comme les citernes ou les pompes, sont souvent vétustes ou insuffisants, rendant l’accès à l’eau potable encore plus difficile.

Conséquences sanitaires

Les restrictions d’accès à l’eau et à la fraîcheur ont des conséquences directes sur la santé des Palestiniens, en particulier des enfants et des personnes âgées. Les cas de déshydratation, de coups de chaleur et d’insolations se multiplient, tandis que les maladies liées à l’eau contaminée, comme les infections gastro-intestinales, augmentent. Les hôpitaux et les centres de santé, déjà sous pression, peinent à faire face à l’afflux de patients. Par exemple, en juillet 2023, le ministère de la Santé de Gaza a signalé une hausse de 30 % des admissions pour des problèmes liés à la chaleur par rapport à l’année précédente. Les autorités sanitaires locales appellent à une intervention urgente pour éviter une crise humanitaire encore plus grave.

Ce que ça pourrait changer

La situation à Gaza a suscité des réactions de la part d’organisations internationales et de défenseurs des droits humains. Plusieurs ONG, comme Amnesty International ou Human Rights Watch, dénoncent les restrictions imposées par Israël comme une violation du droit international humanitaire, notamment du *droit à l’eau* et du *droit à un niveau de vie suffisant*. L’ONU a également alerté à plusieurs reprises sur les risques encourus par les civils palestiniens, appelant à la levée immédiate des restrictions et à un accès humanitaire sans entrave. Cependant, malgré ces appels, les mesures israéliennes persistent, soulignant l’absence de consensus international pour résoudre cette crise.

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