La F1 officialise son retour en Afrique avec le Grand Prix du Rwanda « vers 2030 »
La dernière course de formule 1 disputée sur le continent remonte au Grand Prix d’Afrique du Sud, en 1993..
La Formule 1 (F1) a annoncé officiellement que le Rwanda accueillera un Grand Prix à partir du début des années 2030, marquant ainsi le retour de la compétition en Afrique après environ 40 ans d’absence. Ce Grand Prix africain sera organisé sur un circuit spécialement construit à Bugesera, une région située au sud-est de Kigali, la capitale du Rwanda. Le contrat signé entre la F1 et le Rwanda s’étendra sur 10 ans, et le circuit devrait être prêt pour la première course au début de la prochaine décennie. Cette annonce intervient après des rumeurs qui circulaient depuis une semaine. La F1 considère cette arrivée comme une étape majeure, car elle permettra à la discipline d’être présente sur tous les continents habités, renforçant ainsi son accessibilité mondiale.
Pour le Rwanda, l’organisation d’un Grand Prix de F1 représente une avancée stratégique majeure dans sa politique sportive et internationale. Le président rwandais, Paul Kagame, a salué cette décision comme un succès et une étape importante pour l’Afrique, soulignant qu’elle pourrait inspirer d’autres pays du continent à organiser des courses de F1. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à améliorer l’image du pays sur la scène mondiale, souvent associée au génocide de 1994. Le Rwanda a déjà investi dans d’autres sports internationaux, comme le soccer, le basketball et le cyclisme, en parrainant des équipes européennes ou en accueillant des championnats du monde. Cependant, cette initiative pourrait aussi susciter des critiques concernant les droits de la personne dans le pays, un sujet régulièrement évoqué par les détracteurs du régime.
Lewis Hamilton, septuple champion du monde de F1 et seul pilote noir de la discipline, a exprimé son enthousiasme à l’idée de voir une course organisée en Afrique. Agé de 41 ans, il a révélé avoir milité pendant des années en coulisses pour que la F1 revienne sur le continent africain. Cette annonce représente pour lui la concrétisation d’un rêve personnel, car il a toujours souhaité que la F1 s’ouvre à de nouveaux publics et à de nouvelles cultures. Son engagement reflète une volonté plus large de diversifier le sport automobile, tant sur le plan des pilotes que des spectateurs. La F1, sous la direction de Stefano Domenicali, a confirmé que cette arrivée en Afrique s’inscrivait dans une vision à long terme pour rendre le championnat plus accessible et inclusif à l’échelle mondiale.
La dernière course de F1 organisée en Afrique remonte au Grand Prix d’Afrique du Sud en 1993. Avant cela, plusieurs éditions avaient eu lieu dans ce pays, mais elles ont été marquées par des controverses liées à la politique d’apartheid, un système de ségrégation raciale en vigueur jusqu’en 1994. En raison de ces tensions, certaines écuries ont boycotté les courses sud-africaines dans les années 1980, et la F1 n’y est revenue qu’en 1992 et 1993, peu avant les premières élections démocratiques du pays. Par ailleurs, la F1 a organisé un Grand Prix au Maroc en 1958, mais ce fut la seule édition. Un projet de circuit au Maroc a été annoncé récemment, mais peu de détails ont été rendus publics depuis. Le Rwanda devance ainsi plusieurs autres pays africains, comme l’Afrique du Sud et le Maroc, qui avaient aussi exprimé leur intérêt pour accueillir une course.
L’annonce du Grand Prix du Rwanda a suscité des réactions variées. Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a félicité le Rwanda tout en réaffirmant que l’Afrique du Sud accueillera elle aussi une course de F1 avant 2030. Il a souligné que plusieurs pays africains pouvaient prétendre à organiser une telle compétition, rappelant que l’Italie est le seul pays à avoir accueilli deux Grands Prix par an. Cependant, cette décision pourrait aussi attirer l’attention sur les questions des droits de la personne au Rwanda. Le pays est régulièrement critiqué pour son bilan en la matière, notamment par les Nations unies, qui l’accusent d’avoir soutenu des rebelles au Congo voisin. Certains observateurs évoquent même une stratégie de sportswashing, visant à détourner l’attention des problèmes internes en misant sur le sport de haut niveau.
Stefano Domenicali, président et directeur général de la F1, a qualifié cette arrivée en Afrique de tournant historique pour la discipline. Il a expliqué que l’Afrique faisait partie de l’avenir de la F1 depuis ses débuts, et que le retour sur le continent devait se faire de manière durable, avec un partenaire fiable et un engagement à long terme. La F1 a insisté sur l’importance de créer un impact significatif, tant pour le sport que pour les populations locales. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification géographique et de démocratisation de la F1, afin de toucher de nouveaux publics et de renforcer l’attractivité du championnat. Le Rwanda, avec son projet de circuit à Bugesera, représente ainsi une étape clé pour concrétiser cette vision.

