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Iran : d’où vient le culte des martyrs ?

Philosophie Magazine · mis à jour il y a 13 j

Le culte des martyrs en Iran trouve ses racines dans le chiisme duodécimain, une branche de l’islam majoritairement pratiquée en Iran. Ce courant repose sur la croyance en douze imams, successeurs spirituels et politiques du prophète Mahomet. L’événement fondateur est la bataille de Kerbala en 680, où Al-Hussein ibn Ali, troisième imam, est tué avec ses partisans par les forces du calife omeyyade Yazīd Ier. Ce martyr symbolise la résistance contre l’injustice et l’oppression, un récit central dans la tradition chiite. La mort d’Al-Hussein est commémorée chaque année lors de l’Achoura, une journée de deuil et de réflexion, renforçant son importance dans la culture iranienne.

Origine historique chiite

Le culte des martyrs en Iran trouve ses racines dans le chiisme duodécimain, une branche de l’islam majoritairement pratiquée en Iran. Ce courant repose sur la croyance en douze imams, successeurs spirituels et politiques du prophète Mahomet. L’événement fondateur est la bataille de Kerbala en 680, où Al-Hussein ibn Ali, troisième imam, est tué avec ses partisans par les forces du calife omeyyade Yazīd Ier. Ce martyr symbolise la résistance contre l’injustice et l’oppression, un récit central dans la tradition chiite. La mort d’Al-Hussein est commémorée chaque année lors de l’Achoura, une journée de deuil et de réflexion, renforçant son importance dans la culture iranienne.

Rôle politique moderne

Le culte des martyrs a été réactivé et instrumentalisé par le régime iranien, notamment après la guerre Iran-Irak (1980-1988), qui a causé environ 500 000 morts côté iranien. Les portraits des martyrs de ce conflit, ainsi que ceux des victimes des affrontements récents avec Israël et les États-Unis, sont omniprésents dans l’espace public iranien sous forme de banderoles ou de monuments. Les manuels scolaires enseignent l’histoire de ces martyrs, et la propagande officielle valorise le sacrifice pour la patrie ou la religion. Ce culte sert à légitimer le pouvoir en place et à mobiliser la population autour de causes politiques ou religieuses.

Ce que ça pourrait changer

Le philosophe et sociologue iranien Ali Shariati (1933-1977), figure majeure de la révolution islamique de 1979, a théorisé le concept de *chahid* (martyr) dans son ouvrage *Jihad & Shahadat*. Pour Shariati, le martyr n’est pas seulement une victime, mais un individu dont la mort sacralise la cause pour laquelle il se bat. Il illustre cette idée en comparant le sacrifice à l’investissement d’une somme d’argent : tout comme l’argent perd son caractère matériel pour incarner une valeur supérieure (comme la justice), le martyr perd sa vie pour incarner une cause sacrée. Cette vision fait du martyr un symbole de résistance et de dévouement, souvent utilisé pour inspirer les générations futures.

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