Juger un président : l’avenir du bolsonarisme au Brésil
Les 4 et 25 octobre prochains se tiendront les élections présidentielles au Brésil. Parmi les thèmes de campagne, la condamnation en novembre 2025 de Jair Bolsonaro pour tentative de coup d’État en janvier 2023.
Les 4 et 25 octobre 2026, le Brésil organise sa présidentielle, un scrutin marqué par un contexte politique tendu. L’enjeu principal est la condamnation de l’ancien président Jair Bolsonaro, reconnu coupable en novembre 2025 de tentative de coup d’État lors des événements du 8 janvier 2023. Ces manifestations, où des partisans de Bolsonaro avaient envahi les institutions à Brasilia pour contester sa défaite électorale face à Lula, ont conduit à son emprisonnement à domicile pour raisons de santé. La droite brésilienne, soutenue par des figures comme son fils Flávio Bolsonaro, candidat à la présidence, réclame une amnistie au nom de la démocratie, une demande qui divise l’opinion publique et les partis politiques.
Lors de la convention nationale du Parti libéral à São Paulo le 25 juillet 2026, un deepfake (vidéo générée par intelligence artificielle) a été diffusé, montrant Jair Bolsonaro critiquant son emprisonnement et soutenant son fils. Cette technologie, de plus en plus utilisée en politique, soulève des questions éthiques et juridiques. Le ministre de la Cour suprême brésilienne, Alexandre de Moraes, a demandé à l’avocat de Bolsonaro de clarifier si ce dernier avait autorisé cette diffusion. Le Parti des travailleurs (PT) a saisi la justice électorale pour juger la légalité de cette vidéo, qui pourrait enfreindre les conditions de l’emprisonnement de Bolsonaro.
Le Tribunal suprême fédéral (STF) et le Tribunal supérieur électoral (TSE) jouent un rôle clé dans la régulation des pratiques politiques au Brésil. Ces institutions interviennent non seulement avant ou après les élections, mais aussi pendant la campagne, en définissant ce qui est acceptable ou non. Par exemple, en 2022, le TSE avait interdit aux partisans de Bolsonaro d’utiliser des termes comme « corrompu » ou « voleur » pour désigner Lula. Leur influence repose sur leur capacité à garantir le respect des institutions démocratiques et de la règle de droit, même dans un contexte de polarisation politique intense.
Le bolsonarisme désigne le mouvement politique et idéologique porté par Jair Bolsonaro, caractérisé par un discours populiste, conservateur et anti-establishment. Condamné pour son rôle dans la tentative de coup d’État de 2023, Bolsonaro reste une figure centrale de la droite brésilienne. Son héritage politique se mesure à travers l’influence de son parti, le Parti libéral, et de ses alliés, comme son fils Flávio, qui se présente à la présidentielle. Le bolsonarisme divise la société brésilienne, entre ceux qui le voient comme une menace pour la démocratie et ceux qui le considèrent comme un rempart contre la corruption et l’instabilité politique.
La demande d’*amnistie* pour Bolsonaro, portée par la droite brésilienne, soulève un débat sur les limites de la justice et de la réconciliation nationale. Ses partisans estiment que cette condamnation est une instrumentalisation politique, tandis que ses détracteurs y voient une nécessité pour rétablir l’État de droit. Ce débat s’inscrit dans une tension plus large entre *justice transitionnelle* et *impunité*, un sujet récurrent dans les démocraties confrontées à des crises politiques. La décision finale pourrait influencer la crédibilité des institutions judiciaires brésiliennes et la stabilité politique du pays.

