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Comment changer l'école ?

The Conversation France · mis à jour il y a 15 j

« Liberté, Égalité, Fraternité » : la devise républicaine s’affiche sur les façades de toutes les écoles. Mais sa promesse est-elle encore tenue ? Malgré la massification de l’enseignement, les inégalités scolaires persistent et le niveau des élèves en mathématiques et en français inquiète.

École et inégalités persistantes

Malgré la démocratisation de l’enseignement en France, les inégalités scolaires entre élèves restent marquées. La devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité », affichée dans toutes les écoles, semble donc en contradiction avec la réalité. Ces disparités s’expliquent en partie par des facteurs sociaux, comme l’origine familiale ou le milieu socio-économique des élèves. Par exemple, les enfants issus de milieux favorisés bénéficient souvent d’un environnement plus stimulant pour l’apprentissage, ce qui creuse l’écart avec ceux issus de milieux défavorisés. Ces inégalités se traduisent par des différences de niveau en mathématiques et en français, deux matières fondamentales évaluées régulièrement par des enquêtes internationales comme PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

Niveau en baisse en maths et français

Les résultats des élèves français en mathématiques et en français suscitent des inquiétudes. Selon les dernières données disponibles, notamment celles du rapport PISA de 2026, la France se situe en dessous de la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans ces deux disciplines. Ces enquêtes mesurent les compétences des élèves de 15 ans dans des domaines clés comme la résolution de problèmes ou la compréhension de textes. Les baisses de niveau sont particulièrement visibles chez les élèves issus de milieux défavorisés, ce qui renforce les inégalités. Laure Saint-Raymond, professeure au Collège de France et membre de l’Académie des sciences, souligne que ces résultats reflètent des difficultés structurelles du système éducatif français.

Manque de moyens dénoncé

Les acteurs du système éducatif, qu’ils soient enseignants ou élèves, dénoncent régulièrement un manque de moyens. Ce terme désigne à la fois des ressources financières insuffisantes et des effectifs trop importants dans les classes. Par exemple, les classes surchargées limitent la capacité des enseignants à individualiser leur pédagogie, c’est-à-dire à adapter leur enseignement aux besoins spécifiques de chaque élève. Ce manque de moyens se traduit aussi par un manque d’équipements ou de formations pour les enseignants. Laure Saint-Raymond, dans son analyse, souligne que ces contraintes matérielles aggravent les difficultés déjà existantes et rendent plus difficile la réduction des inégalités scolaires.

Analyse d'une experte

Laure Saint-Raymond, professeure au Collège de France et membre de l’Académie des sciences depuis 2013, apporte un éclairage expert sur les défis du système éducatif français. Son analyse s’appuie sur des données scientifiques et des observations de terrain. Elle met en lumière les causes profondes des inégalités scolaires, comme la reproduction des inégalités sociales ou les lacunes dans la formation des enseignants. Son approche combine rigueur académique et pragmatisme, en proposant des pistes pour améliorer le système. Par exemple, elle évoque la nécessité de repenser les méthodes d’enseignement ou d’investir davantage dans la formation continue des enseignants. Son intervention s’inscrit dans le cadre des Grands Entretiens, une série d’émissions coproduites par The Conversation France et CanalChat.

Enquêtes internationales comme PISA

Les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) sont des évaluations menées tous les trois ans par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) auprès des élèves de 15 ans dans 79 pays. Ces tests mesurent leurs compétences en mathématiques, en sciences et en lecture (compréhension de textes). Ils permettent de comparer les systèmes éducatifs à l’échelle mondiale et d’identifier les forces et les faiblesses de chaque pays. En France, les résultats de PISA sont souvent utilisés comme un indicateur des performances du système éducatif. Les dernières données disponibles, celles de 2026, montrent une baisse des performances françaises en mathématiques et en français, ce qui a suscité des débats sur l’efficacité des réformes éducatives récentes.

Ce que ça pourrait changer

Pour répondre aux défis identifiés, Laure Saint-Raymond propose plusieurs pistes de réforme. Parmi elles, l’amélioration de la formation des enseignants, qui pourrait inclure des modules sur les méthodes pédagogiques innovantes ou la gestion des classes hétérogènes. Elle souligne aussi l’importance de réduire les effectifs dans les classes, afin de permettre un accompagnement plus personnalisé des élèves. Une autre piste évoquée est la nécessité de mieux prendre en compte les inégalités sociales dans les politiques éducatives, par exemple en ciblant les établissements les plus défavorisés. Enfin, elle insiste sur la nécessité d’un débat public plus large pour définir les priorités de l’école de demain, en associant enseignants, parents et élèves.

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