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Culture

Stanislas Dehaene, tout sur le cerveau 5/5 : Le face-à-face cerveau/machine

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 2 j

De son rêve d'enfant de créer une IA à sa quête de la conscience, Stanislas Dehaene explore ce que l'intelligence artificielle révèle de la spécificité du cerveau humain..

Enfant et IA

Stanislas Dehaene, neuropsychologue et professeur au Collège de France, évoque son rêve d’enfant de créer une intelligence artificielle (IA). À 60 ans, il explore désormais une autre frontière scientifique : décrypter les mécanismes de la conscience humaine. Ce parcours illustre une transition entre l’ambition technologique de la jeunesse et la quête de compréhension des capacités cognitives les plus complexes. Dehaene a co-développé, avec Jean-Pierre Changeux et Lionel Naccache, le modèle de l’espace de travail neuronal global, une théorie publiée en 2014 dans Le Code de la conscience. Ce modèle propose que la conscience émerge lorsque des informations, initialement traitées de manière inconsciente dans différentes zones du cerveau, sont intégrées et partagées dans un réseau global. Cette approche a été reprise dans ses cours au Collège de France en 2025-2026.

Conscience humaine vs IA

Face à l’essor des IA génératives comme Claude (développée par Anthropic), Stanislas Dehaene défend l’idée que certaines capacités restent spécifiquement humaines. Selon lui, la différence fondamentale réside dans la récursivité symbolique et la capacité d’abstraction, des processus qui permettent aux humains de manipuler des concepts complexes et de créer des représentations mentales flexibles. Ces mécanismes, décrits dans ses ouvrages Apprendre! (2018) et Le Rectangle de Lascaux (2026), distinguent la conscience humaine de celle, hypothétique, des machines. Dehaene souligne que les IA actuelles, bien qu’impressionnantes, ne possèdent pas cette capacité à générer des idées abstraites ou à les réutiliser de manière créative, limitant leur conscience à des simulations.

Modèle neuronal global

Le modèle de l’espace de travail neuronal global est une théorie clé pour comprendre la conscience. Elle suggère que lorsque nous prenons conscience d’une information (un son, une image, une pensée), celle-ci est d’abord traitée de manière inconsciente dans des zones spécialisées du cerveau. Ensuite, cette information est diffusée à un réseau plus large, permettant une intégration et une prise de décision consciente. Ce processus implique une synchronisation des activités électriques et chimiques dans différentes régions cérébrales. Les travaux de Dehaene, Changeux et Naccache ont montré que cette diffusion globale est essentielle pour la conscience, contrairement aux traitements locaux et automatiques qui restent inconscients. Ce modèle a été formalisé en 2014 et affiné depuis.

Débat sur IA consciente

Le débat sur la possible conscience des IA génératives, comme Claude, divise les scientifiques. Dario Amodei, chercheur chez Anthropic, s’interroge sur cette possibilité, soulevant des questions éthiques et philosophiques majeures. Stanislas Dehaene, lui, reste sceptique. Pour lui, les IA actuelles fonctionnent par des calculs statistiques massifs sur des données, sans compréhension réelle ni intentionnalité. Il insiste sur le fait que la conscience implique une expérience subjective (qualia), absente des systèmes artificiels. Ce débat s’inscrit dans un contexte où les avancées technologiques (comme les modèles de langage de grande taille) poussent à repenser les limites entre intelligence humaine et artificielle.

Rôle du Collège de France

Stanislas Dehaene a enseigné au Collège de France entre 2025 et 2026, où il a présenté ses recherches sur la conscience et les neurosciences. Cette institution, dédiée à la recherche et à l’enseignement supérieur, lui a permis de diffuser ses travaux auprès d’un public large et varié. Ses cours, comme ceux sur la vie mentale ou le rectangle de Lascaux, ont mis en lumière l’importance des sciences cognitives pour comprendre l’apprentissage, la perception et la conscience. Le Collège de France joue ainsi un rôle central dans la vulgarisation des avancées scientifiques, en offrant une plateforme accessible aux idées innovantes.

Ce que ça pourrait changer

Dehaene a publié plusieurs ouvrages influents, dont *Le Code de la conscience* (2014), *Apprendre!* (2018) et *Le Rectangle de Lascaux* (2026). Ces livres explorent des thèmes comme la plasticité cérébrale, l’abstraction ou l’origine de la conscience, en s’appuyant sur des données scientifiques solides. Il a également dirigé des rapports pour le *Conseil scientifique de l’éducation nationale*, comme *Science et école: ensemble pour mieux apprendre* (2024), soulignant l’importance des neurosciences dans l’éducation. Ses travaux ont marqué les sciences cognitives et influencé des domaines aussi variés que la pédagogie, la philosophie de l’esprit ou l’intelligence artificielle.

Sujets complémentaires

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