Guerre en Iran : l’économie trinque, la monnaie locale à un nouveau plus bas historique
Alors que l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran se poursuit et risque de déboucher sur une nouvelle guerre ouverte, la crise économique ne cesse de s’aggraver, asphyxiant une population déjà à genou. Lundi 29 juillet, le dollar s’échangeait à près de 1,9 million de rials, alimentant une redoutable spirale inflationniste..
L’Iran fait face à une guerre totale contre les États-Unis, comme l’a reconnu le président iranien Massoud Pezeshkian le 20 juillet 2026. Cette escalade militaire aggrave une crise économique déjà profonde, où la monnaie locale, le rial iranien, atteint un nouveau plus bas historique face au dollar. Début juillet, 1 dollar s’échangeait contre environ 1,73 million de rials, mais ce taux est passé à 1,89 million le 28 juillet, illustrant une dépréciation brutale. Cette situation menace la stabilité sociale, car la population peine à couvrir ses besoins essentiels. Les médias iraniens soulignent que les pressions économiques pourraient alimenter des troubles sociaux, risquant d’éroder le soutien au système politique. Le président a mis en garde contre un scénario où le mécontentement populaire s’étendrait, malgré la résistance militaire du pays.
L’inflation en Iran atteint des niveaux préoccupants, avec des taux particulièrement élevés dans les provinces frontalières, déjà touchées par des vagues de chaleur extrêmes et des difficultés accrues. Un économiste cité par le média Donya-e Eqtesad parle d’une « situation préoccupante » liée à une inflation persistante et élevée. Les attaques américaines contre les infrastructures énergétiques et le blocus maritime du pays compliquent l’importation de carburant et de biens essentiels, aggravant les pénuries. Pour limiter la consommation d’essence, le gouvernement envisage d’augmenter son prix, une mesure déjà critiquée par des médias comme Tabnak, qui y voit une tentative d’ignorer le problème. Selon le média Independent Persian, même si cette hausse ne touche pas tous les automobilistes, ses effets indirects se répercuteront sur l’ensemble de la société, augmentant les coûts de transport et des biens de consommation.
La population iranienne subit de plein fouet les conséquences de la guerre et de la crise économique. Les médias locaux rapportent que de nombreux citoyens peinent à subvenir à leurs besoins essentiels, comme se nourrir ou se soigner. Un expert économique interrogé par Khabar Online a mis en garde contre des mesures gouvernementales qui pourraient alimenter le mécontentement, comme l’importation de voitures de luxe alors que les ressources en devises étrangères se raréfient. Il a souligné que « rien ne justifie que certains circulent dans les rues au volant de voitures luxueuses » dans un contexte où la majorité de la population lutte pour survivre. Les provinces frontalières, déjà fragilisées, subissent les taux d’inflation les plus élevés depuis des années, aggravant encore les difficultés des habitants.
Bien que les armes utilisées par l’Iran (drones et missiles de fabrication locale) soient moins chères que leurs équivalents étrangers, leur coût pèse lourdement sur la population. Le média **Iran International** explique que ces armes bon marché, produites en interne, permettent à l’Iran de mener une guerre à moindre coût en termes d’équipement militaire. Cependant, ce sont les civils qui en paient le prix, car les dépenses liées à la guerre réduisent les ressources disponibles pour les services publics, les infrastructures et le bien-être social. Les attaques américaines contre les infrastructures énergétiques et les difficultés d’importation aggravent cette situation, créant un cercle vicieux où la guerre et la crise économique s’alimentent mutuellement.

