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Selon Harvard, taxer les entreprises les plus polluantes du monde pourrait réduire les émissions tout en générant des milliards d'euros

Science & Vie · mis à jour il y a 4 j

Acier, ciment, aluminium et engrais figurent parmi les secteurs visés par deux projets de loi américains. Le Mexique, le Nigeria et le Brésil seraient les exportateurs les plus touchés par cette taxe carbone aux frontières..

Une taxe sur les pollueurs

Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université Harvard propose d’instaurer une taxe ciblée sur les entreprises les plus polluantes au monde. L’objectif principal est de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre tout en générant des revenus supplémentaires pour les États. Cette taxe s’appliquerait spécifiquement aux industries les plus émettrices, comme celles du pétrole, du charbon, de la sidérurgie ou du ciment. Selon les chercheurs, cette mesure permettrait de décourager les pratiques les plus néfastes pour l’environnement en rendant la pollution plus coûteuse. Parallèlement, les fonds récoltés pourraient être réinvestis dans des projets écologiques ou redistribués aux citoyens. L’étude souligne que cette approche est à la fois efficace et équitable, car elle cible directement les responsables des émissions les plus élevées.

Des milliards en jeu

L’étude de Harvard estime que cette taxe pourrait générer plusieurs milliards d’euros de recettes annuelles à l’échelle mondiale. Les chercheurs précisent que le montant exact dépendrait du niveau de la taxe appliquée et du nombre d’entreprises concernées. Par exemple, une taxe de 50 € par tonne de CO₂ émise pourrait rapporter jusqu’à 200 milliards d’euros par an si elle était appliquée à l’ensemble des 1 000 plus grandes entreprises polluantes. Ces fonds pourraient être utilisés pour financer des infrastructures vertes, comme des parcs éoliens ou des réseaux de transport propres, ou pour soutenir les ménages les plus touchés par la transition énergétique. L’étude insiste sur le fait que ces recettes ne sont pas négligeables et pourraient représenter une manne financière majeure pour les États.

Réduction des émissions

Selon les simulations réalisées par les chercheurs, cette taxe aurait un impact significatif sur les émissions de gaz à effet de serre. En rendant la pollution plus coûteuse, elle inciterait les entreprises à adopter des technologies moins polluantes ou à réduire leur production. Les chercheurs estiment qu’une taxe de 50 € par tonne de CO₂ pourrait réduire les émissions mondiales de 10 à 15 % d’ici 2030. Cette réduction serait particulièrement marquée dans les secteurs les plus émetteurs, comme l’industrie lourde ou l’énergie fossile. L’étude souligne que cette mesure s’inscrit dans une logique de transition écologique, où les pollueurs paient pour leurs émissions, tandis que les alternatives propres deviennent plus attractives économiquement.

Un levier politique

L’étude de Harvard met en avant le rôle clé des gouvernements dans la mise en œuvre de cette taxe. Elle suggère que les États pourraient coordonner leurs efforts pour appliquer une taxe commune, évitant ainsi les distorsions de concurrence entre pays. Les chercheurs soulignent que cette mesure nécessiterait une coopération internationale, car les entreprises polluantes opèrent souvent à l’échelle mondiale. Par ailleurs, l’étude précise que cette taxe pourrait être intégrée dans des cadres réglementaires existants, comme le marché carbone européen (EU ETS), qui plafonne les émissions et permet aux entreprises d’acheter ou de vendre des quotas d’émissions. Cette approche permettrait de renforcer l’efficacité de la taxe tout en limitant les coûts pour les entreprises.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ses avantages, cette taxe soulève plusieurs défis. D’abord, elle pourrait entraîner une hausse des prix pour les consommateurs, notamment dans les secteurs dépendants des énergies fossiles. Ensuite, les entreprises pourraient tenter de contourner la taxe en délocalisant leur production vers des pays moins stricts sur le plan environnemental. Pour éviter cela, l’étude propose d’accompagner la taxe de mesures complémentaires, comme des subventions pour les industries vertes ou des sanctions contre les fraudeurs. Enfin, la mise en œuvre de cette taxe nécessiterait un consensus politique international, ce qui n’est pas toujours facile à obtenir. Les chercheurs reconnaissent que cette mesure ne suffira pas à elle seule à résoudre la crise climatique, mais elle pourrait en être un outil puissant si elle est bien conçue et appliquée.

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