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Droit

Iran : Téhéran soupçonné de crimes contre l’humanité, Washington de crimes de guerre

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 3 j

D’un côté, une répression d’une ampleur inédite contre les manifestants iraniens. De l’autre, deux frappes américaines contre des sites civils du pays, dont une école où une centaine d’enfants auraient péri.

Rapport ONU sur l'Iran

Un rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU) publié en septembre 2026 accuse à la fois les autorités iraniennes et les forces américaines de violations graves du droit international. Ce document, élaboré par une mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran, examine deux situations distinctes : la répression des manifestations en Iran en 2025-2026 et deux frappes américaines contre des cibles civiles en février 2026. La mission, composée d’enquêteurs indépendants, conclut que les actes iraniens pourraient relever de crimes contre l’humanité, tandis que les frappes américaines pourraient constituer des crimes de guerre. Le rapport sera présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, une instance chargée de promouvoir et protéger les droits humains dans le monde.

Répression iranienne intense

Selon le rapport, les autorités iraniennes ont mené une répression sans précédent contre les manifestations antigouvernementales de fin 2025, marquée par une escalade généralisée de la violence. Les enquêteurs estiment que les chiffres officiels, qui font état de 3 038 morts et 25 000 blessés, sous-estiment probablement le bilan réel. Parmi les victimes, 221 enfants auraient été tués, certains âgés de seulement deux ans. La répression inclut des meurtres, des actes de torture, des détentions arbitraires, des disparitions forcées et des restrictions à la liberté d’expression. Les enquêteurs soulignent l’usage systématique de la force létale, de la peine capitale (29 exécutions entre mars et août 2026, dont cinq publiques) et de la coupure d’internet pour étouffer les contestations. Ces actes, s’ils sont avérés, pourraient constituer des crimes contre l’humanité, définis comme des violations graves et systématiques des droits humains commises dans le cadre d’une attaque organisée contre une population civile.

Frappes américaines critiquées

Le rapport met également en cause les États-Unis pour deux frappes aériennes menées en février 2026 contre des infrastructures civiles en Iran. La première a touché une école primaire à Minab, faisant plus de 150 morts, dont environ 120 écoliers. La seconde a visé un complexe sportif à Lamerd, causant 22 morts parmi les civils et endommageant des immeubles d’habitation et une école voisine. Les enquêteurs estiment que ces attaques étaient aveugles, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas suffisamment distingué entre des cibles militaires et des civils ou des biens civils. Selon le droit international humanitaire, une telle distinction est obligatoire pour éviter de tuer des non-combattants. Les frappes pourraient donc constituer des crimes de guerre, qui sont des violations graves des lois de la guerre commises lors d’un conflit armé.

Ce que ça pourrait changer

Le rapport formule plusieurs recommandations pour mettre fin aux violations et garantir la responsabilité des auteurs présumés. Il exige de l’Iran et des États-Unis qu’ils *cessent immédiatement* les violations du droit international et prennent des mesures pour empêcher leur répétition. Les enquêteurs appellent également à une *cessation des hostilités* et à la reprise des efforts diplomatiques en vue d’une *paix durable* au Moyen-Orient. Sur le plan juridique, ils invitent les *États tiers* (pays non impliqués directement dans le conflit) à poursuivre les responsables présumés de crimes internationaux, notamment en utilisant le *principe de compétence universelle*. Ce principe permet à un État de juger des crimes graves (comme les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre) commis par des étrangers à l’étranger, sous certaines conditions. L’objectif est de garantir que justice soit rendue, même si les crimes sont commis dans des pays où les systèmes judiciaires sont défaillants.

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