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Géopolitique

7 Octobre : trois ans après, je veux me souvenir de Gaza

Courrier International · mis à jour il y a 6 j

Broyés par la machine de guerre, traumatisés par les bombardements, entassés dans des camps de fortune et privés de tout, les Palestiniens de Gaza sont aujourd’hui à genoux. Et “brisés” par trois années infernales qui ont annihilé leur terre et leur existence, déplore ce journaliste gazaoui dans “As-Safir Al-Arabi”..

Octobre, mois de mémoire

L’auteur introduit le mois d’octobre comme un moment chargé de souvenirs contradictoires pour les Palestiniens. Certains l’appellent le mois maudit, d’autres le mois béni ou le mois de la Nakba (« Catastrophe » en arabe, désignant l’exode des Palestiniens lors de la création d’Israël en 1948). Cette période est marquée par des événements historiques qui ont profondément marqué la mémoire collective. Pour l’auteur, octobre évoque surtout la fin brutale de moments de bonheur, comme une soirée passée au café Al-Baqa, sur la plage de Gaza, avec des amis, la veille des attaques du 7 octobre 2023. Ces souvenirs, désormais figés dans le temps, rappellent la perte irréversible de leur terre et de leur existence pour les habitants de Gaza.

7 octobre 2023, rupture

Le 7 octobre 2023 marque un tournant tragique pour la bande de Gaza. Ce jour-là, des attaques menées par le Hamas contre Israël déclenchent une guerre dévastatrice. L’auteur, journaliste gazaoui, évoque la mort de son ami Haïtham, photojournaliste, tué dès le matin en couvrant les premiers instants du conflit près du point de passage d’Erez, dans le nord de Gaza. Ces attaques et la riposte israélienne transforment Gaza en un théâtre de destruction massive. Trois ans après, l’auteur décrit une population broyée, traumatisée et brisée, vivant dans des camps de fortune, privés de tout. La bande de Gaza, déjà soumise à un blocus depuis 2007, est aujourd’hui anéantie, selon ses termes.

Vie quotidienne avant la guerre

Avant le 7 octobre 2023, la vie à Gaza était rythmée par des moments simples et des traditions locales. L’auteur évoque une soirée passée au café Al-Baqa, un lieu emblématique de Gaza situé en bord de mer, où il a retrouvé des amis. Ces instants de convivialité, comme un repas de poisson à Rafah, reflétaient une vie quotidienne malgré les contraintes imposées par le blocus israélien et égyptien. Ces détails illustrent la normalité précaire des Palestiniens de Gaza, une normalité qui a été brutalement interrompue par la guerre. Pour l’auteur, ces souvenirs sont à la fois un hommage à ce qui existait et un rappel douloureux de ce qui a été perdu.

Gaza, trois ans après

Trois ans après le 7 octobre 2023, la bande de Gaza est méconnaissable. L’auteur décrit une terre anéantie, où les infrastructures ont été détruites et où des milliers de Palestiniens vivent entassés dans des camps de fortune. Les bombardements répétés ont laissé des traces psychologiques profondes : traumatismes, désespoir et sentiment d’avoir été brisés. La population, déjà affaiblie par des années de blocus, fait face à une crise humanitaire sans précédent. Les rares moments de répit, comme la distribution de repas chauds dans le camp de Nuseirat, sont des lueurs d’espoir dans un contexte autrement désespéré. L’auteur souligne que la mémoire des Gazaouis est désormais marquée par cette période, comme si le temps s’était arrêté en octobre 2023.

Rôle du journaliste gazaoui

L’auteur, Al-Meqdad Jamil Meqdad, est un journaliste gazaoui travaillant pour le média As-Safir Al-Arabi, un site panarabe et militant de gauche basé à Beyrouth. Son rôle est de témoigner de la réalité à Gaza, malgré les difficultés et les dangers. Il décrit son travail comme un moyen de préserver la mémoire des Palestiniens, face à l’oubli ou à la désinformation. Son récit personnel, centré sur la perte de son ami Haïtham et sur les souvenirs d’une vie révolue, illustre l’importance du journalisme dans les zones de conflit. Son article, traduit de l’arabe, vise à donner une voix aux Palestiniens de Gaza, souvent invisibilisés ou réduits à des chiffres dans les médias internationaux.

Ce que ça pourrait changer

La bande de Gaza, territoire palestinien de 365 km² situé entre Israël et l’Égypte, est au cœur d’un conflit israélo-palestinien vieux de plusieurs décennies. Depuis 2007, elle est soumise à un blocus israélien et égyptien, limitant les mouvements de personnes et de biens. Le Hamas, mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza depuis 2007, est considéré comme une organisation terroriste par plusieurs pays, dont les États-Unis et l’Union européenne. Les attaques du 7 octobre 2023, perpétrées par le Hamas contre Israël, ont déclenché une guerre qui a encore aggravé la crise humanitaire à Gaza. Ce contexte explique en partie l’ampleur de la destruction et de la souffrance décrites par l’auteur.

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