7 Octobre : trois ans après, je veux me souvenir de Gaza, ma terre anéantie
Trois ans après le 7 octobre 2023, le récit d’un journaliste gazaoui publié dans As-Safir Al-Arabi révèle l’irréversibilité des traumatismes subis par les Palestiniens de Gaza. L’article ne se contente pas de décrire la destruction matérielle, mais interroge la mémoire collective figée dans l’instant où le quotidien bascule, soulignant comment une société entière a été réduite à l’état de survivants dans une terre rendue méconnaissable par la guerre. Cette plongée intime dans l’effondrement interroge aussi la fonction même du souvenir face à l’anéantissement systématique.
Quel événement marque le basculement décrit dans le récit du journaliste gazaoui ?
Le 7 octobre 2023, lorsque les premiers instants de la guerre débutent près du point de passage d’Erez, dans le nord de la bande de Gaza. Ce jour-là, Haïtham, ami du journaliste, meurt en couvrant les événements pour son travail de photographe, symbolisant la rupture brutale avec la vie antérieure.
Pourquoi octobre est-il présenté comme un mois chargé de contradictions dans le texte ?
Parce qu’il est à la fois associé à des souvenirs de bonheur (comme une soirée passée au café Al-Baqa ou un repas de poisson à Rafah) et à la Nakba (la « Catastrophe » de 1948), mais aussi à la « victoire » ou à la malédiction selon les interprétations. L’article souligne comment ces références historiques se superposent à une expérience individuelle et collective désormais marquée par la destruction.
Quel rôle joue la mémoire dans ce récit, et pourquoi est-elle décrite comme « arrêtée » ?
La mémoire devient un enjeu central car elle est à la fois un refuge et une blessure. Le journaliste évoque une mémoire figée au 7 octobre, comme si le temps s’était arrêté pour les survivants, empêchant toute reconstruction. Les rares moments de normalité (un café, un repas) sont désormais des reliques d’un monde disparu, transformés en symboles de ce qui a été perdu.
Ce que ça pourrait changer
Ce récit interroge la capacité des sociétés à préserver une mémoire collective lorsque l’espace même de la vie quotidienne est anéanti. Il suggère que la répétition des violences au Moyen-Orient pourrait conduire à une normalisation de l’effacement des traces, où les récits personnels deviennent les derniers témoignages d’une terre qui n’existe plus que dans l’absence. La portée de ce texte dépasse Gaza : il pose la question de la résilience des identités face à l’éradication systématique des repères spatiaux et temporels.

