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Environnement

Plus de 60 °C sur un toboggan : Paris n'est pas adaptée aux fortes chaleurs, dénonce Greenpeace

Reporterre · mis à jour il y a 24 j

L'école est finie… mais à Paris, les lieux fréquentés par les tout-petits pendant les vacances scolaires restent mal adaptés aux fortes chaleurs. Les 9 et 10 juillet, l'association Greenpeace France a mesuré, à l'aide d'une caméra thermique, la température des surfaces de différents lieux de la capitale : crèche, squares, places, gare ou encore logement sous les toits.

Températures extrêmes à Paris

Greenpeace a mesuré des températures dépassant 60 °C sur un toboggan en métal situé dans le parc de la Villette à Paris. Ces mesures ont été réalisées lors d'un épisode de fortes chaleurs, illustrant l'impact des canicules sur les espaces urbains. Les matériaux comme le métal, souvent utilisés pour les équipements de jeux ou les infrastructures, absorbent et restituent la chaleur de manière intense, ce qui peut rendre ces surfaces brûlantes et dangereuses pour les enfants ou les passants. Cette situation met en lumière l'adaptation insuffisante des villes aux vagues de chaleur, un phénomène qui s'aggrave avec le changement climatique.

Critique de l'urbanisme parisien

L'organisation non gouvernementale (ONG) Greenpeace dénonce dans un rapport l'incapacité de Paris à s'adapter aux températures élevées. Selon l'ONG, la capitale française manque d'espaces verts, de zones ombragées et de matériaux réfléchissants pour limiter l'effet d'îlot de chaleur urbain. Ce phénomène, où les villes deviennent plus chaudes que les zones rurales environnantes en raison de l'urbanisation dense et des activités humaines, est particulièrement marqué à Paris. Les données montrent que les températures peuvent être jusqu'à 10 °C plus élevées dans certains quartiers parisiens que dans les campagnes voisines.

Rôle des matériaux urbains

Les matériaux utilisés dans les infrastructures urbaines, comme le béton, l'asphalte ou le métal, jouent un rôle clé dans la formation des îlots de chaleur. Ces surfaces, souvent sombres et imperméables, absorbent la chaleur du soleil pendant la journée et la restituent la nuit, maintenant des températures élevées. À Paris, où 80 % du territoire est imperméabilisé, cette situation est exacerbée. Greenpeace souligne que des alternatives existent, comme les revêtements clairs ou les matériaux perméables, mais leur adoption reste limitée dans la capitale.

Propositions de Greenpeace

Pour lutter contre les effets des canicules, Greenpeace propose plusieurs mesures concrètes. Parmi elles, la création de 10 000 nouveaux arbres d'ici 2030, l'installation de fontaines et de brumisateurs dans les espaces publics, et l'utilisation de matériaux réfléchissants pour les trottoirs et les bâtiments. L'ONG recommande également de végétaliser les cours d'école et de limiter l'usage de la climatisation, qui contribue à réchauffer l'air extérieur. Ces solutions visent à réduire l'effet d'îlot de chaleur et à améliorer le confort des habitants pendant les vagues de chaleur.

Ce que ça pourrait changer

La mairie de Paris n'a pas encore réagi officiellement aux propositions de Greenpeace. Cependant, la ville a déjà mis en place des mesures pour atténuer les effets des canicules, comme la végétalisation des cours d'école ou l'installation de points d'eau. En 2021, Paris avait adopté un plan climat incluant des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'adaptation aux changements climatiques. Malgré ces initiatives, Greenpeace estime que les efforts restent insuffisants face à l'urgence climatique, notamment en raison de l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des vagues de chaleur.

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