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Maladie, poison? Dans le sud du Kenya

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 19 j

Les autorités ont évoqué un possible empoisonnement aux pesticides, mais des experts balaient cette hypothèse..

Mystère autour des morts

Depuis la fin juin 2026, au moins 19 éléphants sont morts dans la région d'Amboseli, au sud du Kenya, près de la frontière avec la Tanzanie. Ces décès concernent principalement des femelles et des jeunes, et tous les animaux touchés présentent des symptômes similaires : une paralysie partielle les empêche de se tenir debout, ils marchent et respirent difficilement, et deviennent agités. Certains luttent pendant plusieurs jours avant de succomber. Les autorités kényanes, comme le Service kényan de la vie sauvage (KWS), évoquent initialement une possible intoxication au cyanure, suggérant que les animaux auraient consommé des pesticides présents dans des fruits provenant de fermes voisines. Cependant, cette hypothèse est contestée par des experts locaux et des responsables environnementaux, qui soulignent l'absence de décès parmi les autres animaux ayant pu consommer les carcasses, comme les vautours ou les mouches.

Hypothèses rejetées

Deux hypothèses avancées par le KWS sont largement rejetées par les acteurs locaux et les spécialistes. La première concerne un empoisonnement aux pesticides via des fruits contaminés. Pourtant, Patrick Papatiti, chef des opérations des terres communautaires d'Olgulului, affirme qu'aucun produit chimique n'est utilisé dans la région et que le bétail des communautés locales n'a pas été touché, ce qui contredit cette piste. La seconde hypothèse, celle d'un empoisonnement par le cyanure contenu dans des plantes fourragères, est également écartée car elle n'expliquerait pas pourquoi seuls les éléphants sont morts. Joel Nyika, responsable de l'écosystème d'Amboseli, confirme que l'absence de décès parmi les charognards ou le bétail rend improbable une intoxication chimique. Les experts penchent donc pour une maladie spécifique aux éléphants, bien que le KWS ait écarté l'idée d'une maladie contagieuse.

Conséquences et inquiétudes

Les décès d'éléphants dans la réserve de Kimana et ses alentours ont des répercussions locales et internationales. Les carcasses, dont celle d'un éléphanteau de deux mois et d'une éléphante morte enceinte, attirent les hyènes et les vautours, mais aucun de ces animaux n'a été affecté, ce qui renforce l'hypothèse d'une maladie ciblant uniquement les éléphants. Cependant, cette situation suscite des craintes : Patrick Papatiti craint que le nombre réel de morts soit sous-estimé et que la maladie puisse s'étendre à d'autres régions, comme la Tanzanie voisine, ou même toucher le bétail ou les humains des communautés locales. La présidente de la fondation Wildlife Direct, Paula Kahumbu, a souligné le manque de preuves étayant la thèse des pesticides, notant que peu d'éléphants mâles adultes sont morts, alors qu'ils sont généralement plus exposés aux cultures. L'affaire est sensible, car le Kenya mise sur sa faune sauvage pour attirer les touristes, une source majeure de revenus.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette crise, les réactions sont prudentes. Plusieurs organisations de protection de l'environnement ont refusé de s'exprimer publiquement, se limitant à appeler à une enquête approfondie. Les rangers de la réserve de Kimana, quant à eux, déclarent ne pas être autorisés à commenter la situation. Patrick Papatiti, qui critique l'absence de progrès dans l'identification de la cause des décès, insiste sur la nécessité de se concentrer sur la résolution du problème plutôt que sur la recherche de responsables. Le KWS, de son côté, a invité les touristes à continuer de visiter la région, affirmant qu'aucune maladie contagieuse n'a été détectée. Cependant, l'incertitude persiste, et le nombre de morts pourrait encore augmenter avant que la cause ne soit clairement identifiée.

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