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Généraliste

Charles Milliard, «raisonnable» jusqu’au bout

Le Devoir · mis à jour il y a 17 j

«Si les gens se cherchent un Doug Ford, ce n’est pas moi», a expliqué le chef du PLQ dans les bureaux du «Devoir»..

Campagne prudente du PLQ

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), mène une campagne électorale délibérément prudente et raisonnable, refusant de modifier sa personnalité pour séduire l'électorat francophone. Avec seulement 11 % d'intentions de vote chez les Québécois francophones, le PLQ mise sur une base solide chez les anglophones et allophones (60 % d'appuis) mais doit absolument progresser en territoire francophone pour espérer former le gouvernement. Milliard, qui dispose de huit jours avant le scrutin du 5 octobre 2026, affirme que les Québécois francophones auront ainsi le temps de mieux comprendre son programme. Il insiste sur son approche honnête, évoquant des rencontres en région où il a promis des solutions réalistes, comme une plateforme publique de télésanté pour améliorer l'accès aux médecins, plutôt que des promesses irréalistes comme un médecin par Québécois.

Critique des excès politiques

Charles Milliard critique ouvertement les excès du discours politique actuel au Québec, qu'il juge marqué par une surenchère de mesures irréalistes ou extrémistes, tant à gauche qu'à droite. Il compare cette dynamique à une fête foraine, où les politiciens seraient des vendeurs ambulants proposant des promesses séduisantes mais impossibles à tenir, comme des chèques de 100 $ ou des dépenses de 40 milliards de dollars. Milliard se présente comme une alternative raisonnable, citant son expérience comme pharmacien, économiste à la Fédération des chambres de commerce du Québec et professeur à l'Université Bishop's. Il rejette les propositions de son adversaire Éric Duhaime, qu'il qualifie d'impossibles à réaliser, et défend une approche responsable et pragmatique pour se différencier des autres partis.

Relations Québec-Canada

Sur la scène fédérale, Charles Milliard adopte une posture de négociation ferme mais constructive avec le gouvernement canadien. Il menace de remplacer la taxe Netflix par une taxe québécoise si Ottawa refuse de revenir sur sa décision, et exige un respect strict des compétences provinciales en santé et en éducation. Milliard dénonce également l'utilisation abusive par Ottawa de son pouvoir de dépenser, et réclame un meilleur contrôle sur la gestion des travailleurs étrangers temporaires. Il évoque même une possible révision constitutionnelle pour permettre au Québec de participer davantage à la défense nationale et à la diversification des marchés. Interrogé sur la centralisation du pouvoir par Mark Carney, il suggère que ce dernier pourrait être moins centralisateur. Milliard mise sur une nouvelle approche pour améliorer les relations Québec-Canada, en opposition avec la stratégie de la Coalition avenir Québec (CAQ), qu'il accuse de jouer constamment sur la ligne de la division.

Ce que ça pourrait changer

Charles Milliard reconnaît que le début de sa campagne électorale n'a pas été optimal, admettant qu'il aurait pu mettre davantage son visage en avant dès le début, notamment sur son autobus de campagne. Il reste cependant confiant dans sa capacité à remporter la circonscription d'Orford le 5 octobre 2026, écartant l'idée de céder un siège à un autre député pour siéger au Parlement. Élu chef du PLQ en août 2024, il avait initialement prévu de consacrer une dizaine d'années à la vie politique. Interrogé sur ses projets en cas de défaite, il refuse de s'exprimer mais réaffirme sa volonté de rester dans la politique à long terme, excluant l'idée d'être un simple passage. Son objectif est de se différencier de ses prédécesseurs, comme Christine Fréchette, et de François Legault, qu'il accuse de ne pas avoir amélioré les relations entre le Québec et le Canada.

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