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Droit

Inaptitude : les bons réflexes à adopter

LégiSocial · mis à jour 25 sept.

Un de vos salariés est déclaré inapte à son poste de travail ? Comment réagir efficacement et quels sont les points de vigilance ?.

Qu'est-ce que l'inaptitude ?

L'inaptitude désigne l'incapacité médicale d'un salarié à occuper son poste de travail, que ce soit de manière temporaire ou définitive. Elle est reconnue par un médecin du travail après une visite médicale obligatoire. Cette situation peut survenir à la suite d'un accident, d'une maladie (professionnelle ou non) ou d'une dégradation de l'état de santé du salarié. L'inaptitude est différente de l'incapacité de travail (qui concerne l'impossibilité d'exercer une activité professionnelle en général) ou de l'invalidité (qui ouvre droit à une pension). En France, le médecin du travail est le seul à pouvoir déclarer un salarié inapte. Cette décision s'appuie sur des critères stricts, comme l'impossibilité d'aménager le poste ou de proposer un reclassement. L'inaptitude peut être partielle ou totale, selon les capacités restantes du salarié.

Procédure médicale à suivre

Lorsqu'un salarié est déclaré inapte par le médecin du travail, l'employeur doit respecter une procédure précise définie par le Code du travail. D'abord, le médecin du travail émet un avis d'inaptitude après une ou plusieurs visites médicales. Cet avis doit être motivé et préciser si l'inaptitude est temporaire ou définitive. L'employeur a alors deux semaines pour proposer un reclassement du salarié sur un autre poste adapté à ses capacités, si possible dans l'entreprise. Si aucun poste n'est disponible ou si le salarié refuse la proposition, l'employeur peut envisager un licenciement pour inaptitude. Le salarié dispose d'un délai de 15 jours pour contester l'avis du médecin du travail devant le Conseil de prud'hommes. En cas de licenciement, l'employeur doit verser une indemnité spécifique, dont le montant varie selon l'ancienneté du salarié.

Rôle de l'employeur

L'employeur a une obligation légale de prévention et de reclassement en cas d'inaptitude. Il doit d'abord chercher à adapter le poste de travail du salarié (aménagement des horaires, modification des tâches, etc.) avant d'envisager un reclassement ou un licenciement. Si aucun poste n'est disponible, l'employeur peut licencier le salarié pour inaptitude, mais doit respecter une procédure stricte : consultation du Comité Social et Économique (CSE), envoi d'une lettre de licenciement motivée, et versement d'une indemnité de licenciement majorée (au moins 6 mois de salaire pour un salarié ayant plus de 2 ans d'ancienneté). L'employeur doit également informer la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi) en cas de licenciement pour inaptitude.

Droits du salarié inapte

Un salarié déclaré inapte bénéficie de plusieurs droits, qu'il soit reclassé ou licencié. S'il est reclassé, son salaire ne peut être réduit, sauf accord écrit entre les parties. En cas de licenciement, il a droit à une indemnité de licenciement majorée (au moins 6 mois de salaire pour un salarié ayant plus de 2 ans d'ancienneté), ainsi qu'à une indemnité compensatrice de préavis (sauf dispense). Il peut également prétendre à des allocations chômage s'il remplit les conditions d'affiliation. Le salarié peut contester l'avis d'inaptitude devant le Conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours. Enfin, il a droit à un accompagnement personnalisé, comme un bilan de compétences ou une formation, pour faciliter son retour à l'emploi.

Ce que ça pourrait changer

L'inaptitude a des conséquences financières pour l'employeur et le salarié. Pour l'employeur, le licenciement pour inaptitude entraîne des coûts liés à l'indemnité de licenciement (au moins 6 mois de salaire pour un salarié ayant plus de 2 ans d'ancienneté), à l'indemnité compensatrice de préavis, et éventuellement à des dommages et intérêts en cas de contentieux. Pour le salarié, la perte de revenus dépend de sa situation : maintien partiel ou total du salaire en cas de reclassement, indemnités de licenciement, et allocations chômage. En cas d'inaptitude professionnelle, le salarié peut également prétendre à une rente versée par la *Sécurité sociale* ou une assurance privée, selon les cas. Les montants varient en fonction du taux d'incapacité et du salaire antérieur.

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