Des changement atmosphériques et d'insolation ont provoqué la transformation du rythme des ères glaciaires
Il y a près d'un million d'années, au moment de la Transition du Pléistocène moyen, comment les cycles glaciaires sont-ils passés de 40 000 à 100 000 ans ? Une publication dans Nature Communications suggère que la conjonction des vents et de l'insolation aurait joué un rôle essentiel..
Pendant 2,5 millions d’années, le climat terrestre a alterné entre périodes glaciaires et interglaciaires selon un cycle d’environ 40 000 ans. Cependant, il y a près d’un million d’années, lors de la Transition du Pléistocène moyen, ce rythme a changé pour s’établir à 100 000 ans. Ce phénomène reste l’un des grands mystères de l’histoire climatique de la Terre. Les scientifiques cherchent à comprendre pourquoi cette modification s’est produite, alors que les causes naturelles comme les variations d’insolation ou de concentration de CO₂ ne suffisent pas à l’expliquer entièrement.
L’insolation désigne la quantité d’énergie solaire reçue par la Terre, qui varie selon la latitude, la saison et l’inclinaison de la planète. Pour déclencher une glaciation, une baisse d’insolation estivale à 65° de latitude nord est cruciale, car elle permet à la neige de persister et de s’accumuler. Pourtant, le cycle naturel de l’insolation est de 40 000 ans, ce qui ne correspond pas au nouveau rythme de 100 000 ans des glaciations. Ainsi, l’insolation seule ne peut expliquer ce changement, même si elle joue un rôle dans le processus.
Les précipitations, notamment sous forme de neige, sont essentielles pour l’accumulation des glaces. Les chercheurs ont étudié leur évolution en analysant les pollens fossilisés en péninsule ibérique. Une végétation dense (chêne, olivier) indique des hivers pluvieux, tandis que des plantes semi-désertiques (armoise, chénopode) révèlent un climat aride. En combinant ces données avec d’autres marqueurs climatiques, les scientifiques ont reconstitué les étapes de la transition : d’abord des pluies abondantes, puis une baisse d’insolation, suivie d’un retour des précipitations, favorisant l’accumulation massive de neige.
La transition du Pléistocène moyen a conduit à un cycle climatique stable de 100 000 ans, avec environ 90 000 ans de période glaciaire et 10 000 à 30 000 ans d’interglaciaire. Actuellement, nous vivons une période interglaciaire qui dure depuis environ 12 000 ans. Cependant, les modèles actuels suggèrent que l’activité humaine pourrait perturber ce cycle naturel, prolongeant indéfiniment la période interglaciaire actuelle en raison du réchauffement climatique.
Pour étudier ces changements climatiques anciens, les paléoclimatologues utilisent des méthodes indirectes comme l’analyse des pollens fossilisés. Ces traces végétales permettent de reconstituer les conditions climatiques passées. Dans cette étude, Maria Fernanda Sanchez Goñi, paléoclimatologue et directrice d’études à l’École pratique des hautes études, et son équipe ont publié leurs résultats dans la revue *Nature Communications*, apportant des éclairages nouveaux sur les mécanismes ayant conduit à la transition du Pléistocène moyen.

