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Environnement

Loi d’urgence agricole : les parlementaires s’accordent sur le retour de pesticides interdits… mais le vote final reste incertain

Vert.eco · mis à jour il y a 21 j

Député·es et sénateur·ices réuni·es en commission mixte paritaire ont trouvé un accord sur le décrié projet de loi d’urgence agricole, ce jeudi. Mais son adoption définitive en début de semaine prochaine n’est pas garantie.

Accord parlementaire fragile

Les députés et sénateurs français ont trouvé un compromis le 16 juillet 2026 sur le projet de loi d’urgence agricole (LUA), après plus de six heures de négociations à huis clos au Sénat. Ce texte, initialement proposé pour répondre aux revendications des agriculteurs face à la crise de l’hiver 2025-2026, doit encore être voté définitivement à l’Assemblée nationale le 21 juillet et au Sénat le 22 juillet. L’accord a été soutenu par le Rassemblement national, la droite et des sénateurs centristes, mais la gauche s’y est opposée. Deux députés du camp présidentiel (Renaissance et Modem) se sont abstenus, laissant planer le doute sur le vote final. Le gouvernement peut encore modifier le texte avant l’examen définitif, une option redoutée par certains sénateurs.

Pesticides interdits réintroduits

Le compromis inclut la réintroduction temporaire de deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne : l’acétamipride et le flupyradifurone. Ces substances, jugées dangereuses par des médecins et scientifiques en raison de leurs risques pour la santé et l’environnement, pourraient être réautorisées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Le député LR Julien Dive a défendu cette mesure en affirmant que la science devait trancher. Cependant, cette disposition suscite des tensions au sein du camp présidentiel, certains craignant qu’elle ne fasse échouer le texte. Le gouvernement a été alerté sur ce risque dès le matin du 16 juillet.

Gestion de l’eau controversée

La loi prévoit plusieurs mesures critiquées sur la gestion de l’eau, notamment en pleine période de sécheresse. Parmi elles, le placement des agences de l’eau sous la tutelle des ministères de l’agriculture et de l’économie, en plus de celui de la transition écologique. Une autre mesure vise à doubler d’ici 2035 la capacité des agriculteurs à stocker de l’eau, notamment via des mégabassines, des infrastructures très décriées par les écologistes. Ces propositions inquiètent la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, tandis que sa collègue à l’agriculture, Annie Genevard (LR), y est plus favorable, révélant des désaccords au sein du gouvernement.

Réactions politiques et juridiques

La gauche et les écologistes dénoncent un texte marqué par de graves régressions environnementales et sanitaires. La députée insoumise Aurélie Trouvé a critiqué l’influence du sénateur LR Laurent Duplomb, connu pour ses positions en faveur des pesticides. En cas d’adoption, La France insoumise et les Écologistes envisagent un recours devant le Conseil constitutionnel. Les ONG comme Générations futures et Greenpeace France ont également vivement critiqué le compromis, accusant le texte de valider l’accaparement de l’eau par l’agro-industrie.

Ce que ça pourrait changer

Ce projet de loi s’inscrit dans un contexte de tensions entre les agriculteurs et les pouvoirs publics, après des mois de manifestations contre les réglementations environnementales et les importations de produits agricoles étrangers. Il intervient également dans un cadre de sécheresse exceptionnelle en France, soulignant les défis liés à la gestion des ressources en eau. Le texte reflète les divisions politiques sur la transition écologique, avec une droite et un extrême droite favorables à des mesures perçues comme protectrices pour le secteur agricole, tandis que la gauche et les écologistes y voient une remise en cause des avancées environnementales.

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