À Québec, le caucus conservateur entend «brasser la cage» aux consensus
L’adhésion aux consensus scientifiques ne sera pas requise pour les députés du PCQ, affirme Maïté Blanchette Vézina..
À l'Assemblée nationale du Québec, le caucus conservateur, composé de 19 députés élus en 2026, souhaite rompre avec les consensus traditionnels en politique. Mené par Maïté Blanchette Vézina, leader parlementaire et députée de La Peltrie, ce groupe se distingue par son approche critique et son refus de suivre aveuglément les idées établies. Blanchette Vézina insiste sur la nécessité de débattre de tous les sujets, y compris la science, qu’elle présente comme évolutive et non comme un ensemble de vérités immuables. Elle rejette les étiquettes politiques (gauche/droite, environnementalistes/climatosceptiques) et prône un dialogue ouvert, où les questions et les remises en cause sont encouragées. Son objectif est de redonner une voix aux citoyens en évitant les catégorisations simplistes, tout en valorisant la diversité des parcours individuels au sein du caucus.
Maïté Blanchette Vézina défend une vision où chaque député conservateur conserve sa liberté de pensée et son originalité, sans être « formaté » pour correspondre aux attentes de l'Assemblée nationale. Elle souligne que les 19 membres du caucus sont des professionnels compétents, issus de divers horizons, et qu’ils méritent d’être reconnus pour leurs qualités personnelles et intellectuelles. La leader parlementaire insiste sur l’importance de leur professionnalisme et de leur contribution collective, chaque député devant porter un dossier spécifique pour renforcer l’efficacité du groupe. Elle rejette l’idée que les conservateurs partiraient avec des attentes basses, affirmant que leur arrivée pourrait surprendre positivement les observateurs politiques. Blanchette Vézina rappelle aussi que, parmi les 90 députés élus sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2022, elle est la seule rescapée de cette législature, ce qui renforce son positionnement comme figure de renouvellement.
Le caucus conservateur exprime une méfiance envers la gestion purement administrative des dossiers par les fonctionnaires, qu’il juge trop opaque et éloignée des réalités citoyennes. Maïté Blanchette Vézina cite l’exemple de SAAQclic, un projet controversé sous l’ancien gouvernement, où des dépassements de coûts auraient été dissimulés au public par des fonctionnaires. Pour les conservateurs, les élus doivent jouer un rôle de « chiens de garde » pour surveiller et politiser les grands chantiers, afin d’éviter les abus et de garantir la transparence. Ils estiment que l’État ne peut pas gérer de manière apolitique les budgets et les projets, et que les citoyens doivent pouvoir compter sur leurs représentants pour défendre leurs intérêts. Cette critique s’inscrit dans une volonté plus large de réformer les mécanismes de l’Assemblée nationale pour donner plus de pouvoir aux députés individuels.
Le caucus conservateur n’hésite pas à aborder des sujets sensibles, comme en témoigne une polémique lors de la campagne électorale : Marie-Josée Hélie, candidate conservatrice, avait qualifié la vaccination obligatoire de plan « génocidaire » et comparé la science à une « technocratie » où les scientifiques agiraient comme des oracles. Maïté Blanchette Vézina défend cette prise de position en affirmant que remettre en question l’ordre établi est sain et nécessaire pour un débat démocratique. Elle considère que chaque député doit pouvoir exprimer ses opinions, même controversées, tant que cela s’inscrit dans une démarche constructive. Pour elle, ces débats reflètent la diversité des parcours et des convictions au sein du caucus, et répondent à une demande de confiance renouvelée des citoyens envers leurs représentants.
Maïté Blanchette Vézina présente le Parti conservateur comme une alternative crédible pour les Québécois ayant perdu confiance dans les partis traditionnels, notamment la CAQ, qu’elle accuse d’avoir trahi la confiance populaire, par exemple sur le projet du *troisième lien* entre Québec et Lévis. Elle promet que son caucus travaillera à moderniser les règles de l’Assemblée nationale pour donner plus de pouvoir aux députés individuels et éviter qu’ils ne deviennent de simples « plantes vertes » ou des « chairs à vote ». L’arrivée des conservateurs pourrait ainsi introduire des changements progressistes dans le fonctionnement parlementaire, tout en maintenant un lien fort avec les citoyens. Blanchette Vézina voit dans cette dynamique une opportunité de restaurer l’espoir politique et de répondre aux attentes d’une population en quête de transparence et de représentativité.

