Plus d’un travailleur québécois sur cinq vit d’une paie à l’autre, selon un sondage
Le stress financier cause des pertes de productivité qui représentent des milliards de dollars..
Plus d’un travailleur québécois sur cinq, soit 22 %, déclare avoir de la difficulté à payer ses obligations financières si son salaire était retardé d’une semaine. Au Canada, cette proportion atteint 28 %. Ces résultats proviennent d’un sondage annuel réalisé par l’Institut national de la paie (INP) en juin 2026 auprès de 2 196 travailleurs canadiens, dont 451 au Québec. L’INP est une organisation qui étudie les enjeux liés à la rémunération et aux finances personnelles des travailleurs. Ce phénomène, appelé vivre d’une paie à l’autre, signifie que les individus dépensent l’intégralité de leur salaire net chaque mois, sans épargne de secours, et dépendent entièrement de leur prochain chèque pour couvrir leurs dépenses courantes.
Le sondage révèle que 43 % des travailleurs québécois dépensent la totalité de leur salaire net, voire davantage, chaque mois. Les dépenses courantes, comme l’épicerie, représentent la principale source de stress financier pour 39 % des répondants. L’endettement personnel inquiète également 26 % d’entre eux. Le terme endettement désigne l’ensemble des dettes contractées par un individu, incluant les prêts, les cartes de crédit ou les hypothèques. Ces chiffres illustrent une situation où les ménages peinent à équilibrer leurs revenus et leurs dépenses, rendant leur situation financière précaire et vulnérable aux imprévus.
Le stress financier a des répercussions majeures sur la vie professionnelle des travailleurs québécois. Selon le sondage, 30 % d’entre eux ressentent de l’anxiété ou un sentiment de dépression lié à leurs finances, tandis que 28 % souffrent de troubles du sommeil et 24 % ont des difficultés à se concentrer au travail. Ces problèmes psychologiques et physiques entraînent des pertes de productivité estimées à 74,3 milliards de dollars pour l’économie canadienne. La productivité désigne la quantité de travail produite par un employé ou une entreprise en un temps donné. Ces conséquences dépassent le cadre personnel et impactent directement les employeurs et l’économie dans son ensemble.
Pour atténuer ces difficultés, l’INP recommande plusieurs stratégies aux travailleurs. La première consiste à automatiser l’épargne en prélevant automatiquement un petit montant de chaque paie pour le verser dans un compte dédié. L’épargne désigne l’argent mis de côté pour faire face aux imprévus ou à des projets futurs. L’INP suggère également de se constituer un fonds d’urgence, c’est-à-dire une réserve financière équivalente à trois à six mois de dépenses, pour couvrir les urgences sans recourir à l’endettement. D’autres conseils incluent l’utilisation des augmentations de salaire ou des primes pour alimenter un compte d’épargne plutôt que de les dépenser, le remboursement prioritaire des dettes à intérêts élevés et la recherche d’aide professionnelle si nécessaire.
L’INP souligne que les employeurs peuvent jouer un rôle clé pour aider leurs employés à améliorer leur situation financière. Peter Tzanetakis, président et chef de la direction de l’INP, indique que les entreprises peuvent mettre en place des programmes d’épargne automatique ou offrir des ateliers sur la gestion budgétaire. Ces initiatives visent à réduire le stress financier des travailleurs et, par ricochet, à améliorer leur productivité et leur bien-être au travail. En agissant ainsi, les employeurs contribuent non seulement à la stabilité financière de leurs employés, mais aussi à la santé économique globale du pays.

