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GÉNÉRALISTE

Plus d’un travailleur québécois sur cinq vit d’une paie à l’autre, selon un sondage

Source unique·il y a 23 j

Le stress financier des travailleurs québécois dépasse désormais le cadre individuel pour s’imposer comme un enjeu macroéconomique. Avec plus d’un travailleur sur cinq vivant d’une paie à l’autre, les mécanismes de précarité financière révèlent une vulnérabilité structurelle, où l’absence de marge de manœuvre transforme un imprévu en crise systémique. Cette situation, documentée par un sondage de l’Institut national de la paie (INP), interroge la résilience des modèles économiques actuels et la capacité des institutions à atténuer les effets d’un phénomène qui pèse désormais en milliards sur la productivité nationale.

Quels sont les indicateurs clés qui révèlent l’ampleur de la précarité financière des travailleurs québécois ?

Le sondage de l’INP révèle que 22 % des travailleurs québécois auraient des difficultés à honorer leurs obligations si leur paie était retardée d’une semaine, et que 43 % dépensent l’intégralité de leur salaire net, voire davantage. Par ailleurs, 39 % des répondants citent les dépenses courantes comme l’épicerie comme principale source de stress financier, tandis que 26 % s’inquiètent de leur niveau d’endettement personnel.

Comment le stress financier affecte-t-il la productivité des entreprises et l’économie en général ?

Le stress financier engendre des baisses de motivation, des absences, des maladies et des tensions au travail, ce qui se traduit par des pertes de productivité estimées à 74,3 milliards de dollars pour les employeurs et l’économie canadienne. Plus du tiers des travailleurs canadiens consacreraient même plus de 30 minutes par jour de travail à gérer leurs finances personnelles ou à y penser.

Quelles solutions l’INP propose-t-il pour atténuer cette précarité financière ?

L’INP recommande aux employeurs de mettre en place des programmes d’épargne automatique via la paie, de se constituer un fonds d’urgence, d’utiliser les augmentations de salaire ou primes pour alimenter un compte d’épargne plutôt qu’un compte courant, et de rembourser en priorité les dettes à intérêts élevés. Ces mesures visent à briser le cycle de la précarité en instaurant une discipline financière collective.

Quelles sont les limites méthodologiques du sondage de l’INP ?

Le sondage, réalisé par la firme Framework Analytics auprès de 2 196 travailleurs canadiens (dont 451 au Québec) entre le 22 et le 30 juin 2026, repose sur un panel web non probabiliste. Cette méthode ne permet pas de calculer une marge d’erreur fiable, ce qui limite la généralisation des résultats à l’ensemble de la population active québécoise.

Ce que ça pourrait changer

Cette précarité financière, si elle persiste, pourrait aggraver les inégalités économiques et fragiliser davantage les classes moyennes, déjà sous pression face à l’inflation. Les employeurs et les institutions publiques pourraient être incités à repenser leurs politiques sociales et salariales pour intégrer des mécanismes de résilience financière, sous peine de voir se creuser un fossé entre une main-d’œuvre en détresse et une économie en quête de stabilité. À plus long terme, ce phénomène interroge la durabilité des modèles de croissance basés sur la consommation immédiate plutôt que sur l’épargne et l’investissement à long terme.

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