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Généraliste

L’économie sous le Parti québécois : une conjoncture qui pose des défis

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 7 j

Le déploiement du programme du PQ, qui a promis un retour à l'équilibre en 2028-2029, sera complexe..

Contexte économique difficile

Le Parti québécois (PQ) prend le pouvoir dans un contexte économique marqué par des défis majeurs. Le Québec fait face à une croissance économique faible, voire stagnante, avec un produit intérieur brut (PIB) prévu en hausse de seulement 0,3 % à 0,5 % en 2026. Cette situation s’explique en partie par le vieillissement de la population, avec un âge médian de 43 ans au Québec, contre 40 ans en Ontario et 38 ans en Alberta. Le Québec est la seule province, avec la Colombie-Britannique, à prévoir une contraction de sa population en 2027. Ce déclin démographique exerce une pression sur la croissance économique et les revenus autonomes de l’État. De plus, le Québec est particulièrement touché par les tarifs douaniers américains, avec un taux effectif de 11,5 %, contre 8,5 % en Ontario et 1,5 % en Alberta. Ces droits de douane pénalisent les exportations québécoises, notamment vers les États-Unis, qui ont chuté de 6,3 % sur les sept premiers mois de 2026.

Objectifs budgétaires ambitieux

Le PQ s’est engagé à atteindre l’équilibre budgétaire dès 2028-2029, soit un an plus tôt que prévu par le gouvernement sortant de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui visait 2029-2030. Pour y parvenir, le parti prévoit 21 milliards de dollars de nouvelles dépenses sur cinq ans, mais aussi des économies de 8,9 milliards en réduisant le Fonds de développement économique (FDE) et les subventions aux entreprises. Cependant, ces mesures sont jugées fragiles par des économistes comme François Delorme et Philippe Gougeon. Le FDE ne dispose que d’1 milliard de dollars en 2026-2027, ce qui rend difficile la réalisation de cet objectif. Le PQ mise aussi sur une réduction de la bureaucratie, estimée à 6,3 milliards d’économies, et une hausse des transferts fédéraux de 4,4 milliards. Pourtant, des écarts de 2,1 milliards subsistent dans son plan financier, remettant en cause la solidité de ses projections.

Démographie et immigration

Le vieillissement de la population et la décroissance démographique sont des défis structurels pour le Québec. L’âge médian de 43 ans, plus élevé qu’en Ontario (40 ans) ou en Alberta (38 ans), limite le potentiel de croissance économique. Le PQ prévoit ralentir la hausse de l’immigration, une mesure qui pourrait aggraver cette tendance. Historiquement, le Québec a souvent connu une croissance économique inférieure à celle du Canada. Seul le gouvernement de Philippe Couillard (2014-2018) a enregistré une croissance légèrement supérieure à la moyenne nationale. Sous Pauline Marois (2012-2014), l’écart de croissance avec le reste du Canada était de -1,5 point de pourcentage. Pourtant, entre 1994 et 2003, sous un gouvernement du PQ, la croissance moyenne annuelle du PIB a atteint 2,8 %, selon la Banque Nationale.

Guerre tarifaire et diversification

Le Québec est la province la plus affectée par les tarifs douaniers américains, avec un taux effectif de 11,5 %, bien supérieur à celui de l’Ontario (8,5 %) ou de l’Alberta (1,5 %). Ces droits de douane pénalisent des secteurs clés comme l’aéronautique, illustré par les difficultés de Bombardier. Depuis le début de l’année 2026, les exportations québécoises vers les États-Unis ont reculé de 6,3 %, tandis qu’elles ont progressé de 15 % vers d’autres régions du monde. Pour atténuer ces impacts, le premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon a annoncé la création d’une équipe de négociateurs afin de défendre les intérêts du Québec et de diversifier ses marchés. La dépendance aux États-Unis, principal partenaire commercial, expose l’économie québécoise à des risques accrus.

Mesures sociales et fiscales

Pour réduire le coût de la vie, le PQ propose deux mesures phares : une baisse de 7 cents de la taxe sur l’essence, coûtant 700 millions de dollars sur deux ans, et une détaxation des biens usagés, estimée à 150 millions en 2026 et près de 2 milliards sur cinq ans. Ces initiatives visent à soutenir le pouvoir d’achat des ménages, mais elles s’ajoutent aux 21 milliards de nouvelles dépenses prévues sur cinq ans. Le gouvernement minoritaire devra composer avec des contraintes budgétaires strictes tout en cherchant des appuis politiques pour faire adopter ses lois. Le PQ pourrait s’allier avec le Parti conservateur pour réduire la taille de l’État, tandis que Québec solidaire pourrait soutenir des mesures sociales. Le premier ministre désigné a également évoqué des convergences avec le Parti libéral du Québec en santé et en éducation.

Ce que ça pourrait changer

Le PQ devra gouverner avec une majorité fragile, car il ne dispose pas de la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Pour faire adopter ses lois, il devra obtenir l’appui d’au moins un autre parti. Le Parti conservateur pourrait soutenir des mesures de réduction de la bureaucratie, tandis que Québec solidaire pourrait appuyer des projets sociaux. Le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, a reconnu que des compromis seront nécessaires pour maintenir son gouvernement en place, à l’image de ce qu’a vécu Justin Trudeau à Ottawa avec le Nouveau Parti démocratique. Une question centrale reste : comment le PQ pourra-t-il concilier ses objectifs budgétaires, satisfaire ses alliés et lancer un référendum sur la souveraineté sans fragiliser sa position politique ?

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