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Géopolitique

Comment le Brexit a francisé l’Union européenne

Courrier International · mis à jour il y a 17 j

Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, celle-ci est restée la même à bien des égards, constate “The Economist”. Mais l’hebdomadaire britannique observe tout de même trois grandes différences, au niveau des politiques budgétaire, économique et de la défense.

Prédictions post-Brexit

En juin 2016, lors du référendum sur le Brexit (contraction de British exit, soit la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne), deux scénarios principaux étaient envisagés pour l’avenir de l’UE. D’un côté, les populistes de droite, comme les partisans du Brexit, anticipaient un effet domino : le départ du Royaume-Uni inciterait d’autres États membres à quitter l’UE à leur tour. De l’autre, les europhiles (partisans d’une Europe unie) voyaient dans ce départ une opportunité de renforcer la cohésion européenne, en se débarrassant d’un membre perçu comme réticent. Un point faisait consensus : l’anglais, langue dominante à Bruxelles grâce à la présence britannique, perdrait de son influence au profit d’autres langues. Dix ans après, aucun des deux scénarios ne s’est pleinement réalisé. Aucun autre pays n’a menacé de quitter l’UE, et l’anglais reste largement utilisé dans les institutions européennes.

Impact politique britannique

Les négociations complexes et prolongées entre le Royaume-Uni et l’UE pour organiser le Brexit ont profondément marqué la vie politique britannique. Ces années de tensions ont révélé des divisions internes au pays, notamment entre partisans d’une sortie rapide et ceux favorables à un maintien dans le marché unique européen. Le processus a aussi affaibli les partis traditionnels, comme les conservateurs, et renforcé les mouvements eurosceptiques. En 2026, le Royaume-Uni n’a toujours pas trouvé de modèle économique stable post-Brexit, et les débats sur les conséquences de cette sortie restent vifs. Cette instabilité a dissuadé d’autres États membres de suivre l’exemple britannique, limitant ainsi les risques d’un effet domino.

Renforcement de l'UE

Contrairement aux craintes initiales, l’UE n’a pas subi d’effondrement après le Brexit. Au contraire, son absence a permis une intégration accrue dans certains domaines. Le Royaume-Uni, souvent perçu comme un contrepoids libéral aux projets plus étatistes portés par des pays comme la France, jouait un rôle modérateur dans les discussions européennes. Sans ce frein, l’UE a pu avancer sur des projets d’intégration plus ambitieux, notamment dans les domaines de la défense, de la fiscalité ou de la transition écologique. Cette dynamique a été particulièrement visible dans les politiques menées par la France, qui a gagné en influence au sein des institutions européennes.

Montée de l'influence française

L’absence du Royaume-Uni a renforcé le poids de la France au sein de l’UE. En 2026, le pays occupe une place centrale dans les décisions européennes, notamment grâce à des figures politiques comme le président français, dont le rôle est mis en avant dans les médias européens. Cette influence se traduit par une orientation plus marquée de l’UE vers des politiques interventionnistes, inspirées par le modèle français. Par exemple, les projets de taxation des géants du numérique ou de régulation des marchés ont été portés par Paris. Cette tendance a aussi conduit à une réduction de l’influence de l’anglais dans les institutions, au profit du français et d’autres langues européennes.

Ce que ça pourrait changer

L’anglais, langue dominante à Bruxelles depuis l’adhésion du Royaume-Uni en 1973, a vu son usage décliner après le *Brexit*. En 2026, le français et l’allemand gagnent en importance dans les documents officiels et les débats au Parlement européen. Cette évolution reflète un recentrage linguistique et culturel au sein de l’UE, où les pays fondateurs comme la France et l’Allemagne jouent un rôle accru. Cependant, l’anglais reste largement utilisé dans les échanges informels et les secteurs économiques, en raison de son statut de langue internationale. Cette transition linguistique s’accompagne d’un changement dans les équilibres politiques, avec une montée en puissance des idées portées par les pays latins.

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