Comment prendre soin de ses reins ( et savoir reconnaître les signaux d’alerte) ?
L’ESSENTIEL Boire suffisamment, éviter de manger trop salé, pratiquer une activité physique ou encore surveiller son poids font partie des gestes qui permettent de limiter les risques d’atteintes rénales. Les symptômes d’une atteinte rénale ne se manifestent que tardivement, quand les reins sont très abîmés : si l’on est à risque, il faut se faire dépister.
Les reins sont des organes essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Ils assurent trois fonctions principales : l’élimination des déchets via les urines, la régulation de la pression artérielle et le maintien d’un taux normal de globules rouges. Ils jouent aussi un rôle clé dans la santé des os en participant à l’équilibre du calcium et du phosphore. Lorsque les reins fonctionnent mal, ces processus sont perturbés, ce qui peut entraîner des complications graves comme une hypertension artérielle, une anémie ou des troubles osseux. Une maladie rénale chronique non traitée peut évoluer en cinq stades, du plus léger au plus grave, et n’est souvent détectée qu’à un stade avancé.
Boire suffisamment d’eau chaque jour est l’un des gestes les plus simples pour préserver la santé des reins. L’objectif est d’ingérer environ 1,5 litre de liquide quotidiennement, soit huit verres ou tasses. L’eau reste la meilleure option, mais d’autres boissons comme le thé ou les infusions aux fruits peuvent contribuer à cet apport. Une hydratation insuffisante force les reins à travailler davantage pour filtrer les déchets, ce qui peut, à long terme, les endommager. À l’inverse, une bonne hydratation favorise leur bon fonctionnement et réduit les risques de calculs rénaux, souvent causés par une concentration trop élevée de minéraux dans les urines.
Réduire sa consommation de sel est crucial pour protéger les reins. Une alimentation trop riche en sel favorise l’hypertension artérielle, un facteur de risque majeur pour les maladies rénales. L’objectif est de ne pas dépasser une cuillère à café de sel par jour, soit environ 5 grammes. Cependant, une grande partie du sel ingéré provient des aliments transformés : charcuteries (bacon, saucisses), fromages, poissons fumés, chips, sauces industrielles et plats préparés. Les bouillons cubes sont également très riches en sel. Limiter ces aliments permet de préserver la santé des reins et de réduire la pression artérielle.
Le tabac est néfaste pour les reins car il resserre les vaisseaux sanguins rénaux et augmente la pression artérielle, ce qui endommage progressivement ces organes. Arrêter de fumer ou limiter sa consommation est donc bénéfique pour leur santé. À l’inverse, l’activité physique régulière améliore la circulation sanguine et aide à maintenir un poids de forme, deux facteurs protecteurs pour les reins. Il n’est pas nécessaire de s’inscrire en salle de sport : marcher d’un pas vif ou monter des escaliers pendant 30 minutes par jour suffit à obtenir des bénéfices. L’essentiel est d’augmenter son rythme cardiaque quotidiennement.
Maintenir un poids santé est important pour la santé rénale. Un excès de graisse, en particulier au niveau abdominal, augmente les risques de maladies rénales et d’hypertension. Un repère simple consiste à vérifier que le tour de taille est inférieur à la moitié de la taille. Par exemple, si une personne mesure 1,70 mètre, son tour de taille ne devrait pas dépasser 85 centimètres. Une méthode pratique consiste à utiliser une ficelle : si elle ne peut pas faire le tour de la taille après avoir été coupée en deux, cela indique un excès de graisse abdominale. Cette mesure reflète la quantité de graisse viscérale, plus dangereuse pour les reins que la graisse sous-cutanée.
Les symptômes d’une atteinte rénale n’apparaissent souvent qu’à un stade avancé, lorsque les reins sont déjà très abîmés. Aux stades précoces, la maladie rénale chronique ne provoque généralement aucun signe visible. Ce n’est qu’à partir du quatrième stade sur cinq que des symptômes comme une fatigue inhabituelle peuvent se manifester. D’autres signes, comme des maux de tête ou une vision trouble, sont généralement liés à l’hypertension artérielle plutôt qu’à une atteinte rénale directe. Aux stades plus graves, des nausées, une perte d’appétit ou des démangeaisons peuvent survenir. Ces symptômes justifient une consultation médicale urgente.
Le dépistage des maladies rénales repose sur une prise de sang et une analyse d’urine, simples et indolores. Il est particulièrement recommandé pour les personnes diabétiques, hypertendues, souffrant de problèmes cardiaques ou ayant des antécédents familiaux de maladie rénale. Certaines populations sont plus exposées aux risques d’insuffisance rénale, notamment les personnes d’ascendance africaine ou certaines minorités ethniques, comme le montre un rapport de 2023 de la *UK Kidney Association*. Ces groupes sont touchés plus jeunes et plus fréquemment. Un dépistage régulier est donc crucial pour eux. En France, des initiatives similaires pourraient être mises en place, comme la mesure de la tension artérielle dans les pharmacies.

